‹ Quelques-unsChapitre 14 sur 16 · PAUL STAPFER · texte numérisé non relu

PAUL STAPFER

verait à suivre M. Salomon Reinach dans la nécropole de Myrina ou M. Alexandre Bertrand parmi les merveilles du musée de Saint-Germain. Donc, grâce à M. Stapfer, je viens encore de (( pantagrucliser » quelque peu et de couler de bonnes heures dans la société de frère Jean des Entommeures. J'ai vu que le savoureux langage de maître Alcofribas Nasier, abstracteur de quintessence, serait encore de mise de nos jours: « Iceux fuyez, abhorrissez et haïssez autant que je fais. » Et ce sont «les hypocrites, les traîtres qui regardent par un pertuys, les cagots, escargots, malagots, cafTarts, empantouffiés, papelards, chattemittes, pattes peines et autres telles sectes de gens qui se sont déguisés comme masques pour tromper le monde», dont il veut parler.

Mais M. Paul Stapfer fait mieux que d'être sur Montaigne et Rabelais le critique le plus averti de notre temps : il les aime de tout son cœur. 11 a pour l'un la même «propension» qu'Etienne de la Boëtie, et soupire en parlant de l'autre : « Mon gentil Rabelais ! »

M. Paul Stapfer a écrit encore, sous la forme

de diptyques, beaucoup d'autres beaux livres : Molière et Shakespeare, Racine et Victor lhi(j<t, Bossiiet et A/o/ior/. 11 conviendrait de parler longuement de ce dernier livre, et surtout de cel Adolphe Monodque Ton ne connaît point assez, et qui fut un grand cœur, une grande intelligence et une grande voix.

Mais je craindrais de gâter par ma critique fâcheuse l'aimable et savante critique de M. Paul Slapfer. A vrai dire, ayant pratiqué beaucoup moins que lui, Bossuet et surtout Monod, j'y éprouverais quelque embarras.

J'ai passé sous mon vieux ehône une matinée délicieuse, dans la compagnie des livres d'un hunianiste exquis; je recommencerai demain.

AHY RENAN

Ce que la terre a repris hier après-midi fut

— par l'insondable et triste ironie des choses

— l'enveloppe disgraciée d'une âme aimante, délicate et fi ère, d'une pensée charmante, subtile et riche, ardemment éprise de l'universelle Beauté. Celle que les Grecs nommaient « la Pâle » et(( la Gi'uelle «l'aretiréd'aumilieude nous dans la pleine maturité de son âge et de son talent. Car c'est à peine vieux de quarante-trois ans, et après de longues souffrances endurées avec une résignation stoïque, qu'Ary Renan vient de s'acquitter de la vie.

Petit-fils du peintre Henry Scheffer et petitneveu du peintre Ary Scheffer, il avait certes de

qui tenir el se sentit de bonne heure attiré vers l'art. Il fut rélève de Gustave Moreau, dePuvis de Chavannes et de Delaunay et, sans les avoir jamais imités servilement, sut au moins retenir quoique chose de ce qu'il y avait de plus personnel en chacun d'eux. Mais « un je ne sais quoi » aussi du charme secret de son père, le grand Ernest Renan, avait passé en lui. Et là peut-être est sa marque propre. Car il avait, dans la mesure la plus large à la fois et la plus exquise, le don poétique; et, par delà l'image matérielle, comme son père par delà les mots, il savait prolonger en des lointains délicieux le rôve et la pensée. Ayant visité la Syrie et la Paleslino, il fit, lui aussi, de « l'orientalisme ». Mais son « Orient » n'a ni la couleur, ni « le dramatique » de celui d'un Delacroix ou d'un Decamps. ni la lumière crue de celui de M. Benjamin- Constant. L'auteur de rKpave, de la Phalène et de Scylla, — trois toiles qui sont un résumé expressif et fidèle de son œuvr<\ — répugnait aux touches brutales et aux tons aveuglants. L'Orient qu'il peignit avec le pinceau de Puvis de Chavannes, il l'avait regardé avec des yeux

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«le Breton. Ses paysages de la mer Morte ou du Jourdain sont, comme ses « coins » de Perros- Guivec et de Bréliat, d'une note discrète, atténuée, un peu grise peut-être, mais baignée aussi d'un charme si mélancolique!

Comme le Vinci et comme la plupart des artistes de la Renaissance, Ary Renan fut avide de toutes les formes de l'art et du beau. Ce peintre fut également un écrivain de talent harmonieux et pur, et auquel il ne manqua peutêtre, pour se placer au premier rang des poètes et des critiques contemporains, que de porter un nom moins illustre.

Poète, il chercha la fleur d'or des légendes et chanta le pays de Brizeux en des vers où flotte l'infinie tristesse des choses et oii percent les secrets douloureux de son cœur qui fut tendre, inquiet et troublé.

Ce soir, dans le couchant, sur les Ilots déjà gris, J'ai vu partir au large, ainsi qu'un vol d'abeilles, Des goélettes d'or, des galères vermeilles Et des navires blancs de tous les gabarits.

L'escadre appareillait, penchant ses mûts (leuris D'un pavois de victoire aux couleurs non pareilles, Et, vers les ports heureux du pays des merveilles, Cinglait, la barre au ventetsans prendre de ris.

Maiselle adisparu comme un lointain mirage; Un grain frangé d'rclairs a caché le naufrage Dans les plis irrités de ses tourbillons noirs.

Tandis que je pleurais, sur les sables des grèves,

Les désirs voyageurs et les vagues espoirs

Que porte dans ses flancs la flotte de mes rêves...

H sut rendre excellemment le charme languissant et fin de la presqu'île armoricaine : la mer presque toujours sombre, formant à l'horizon un cercle d'éternels gémissements, les arbres dépouillés et tordus, le granit perçant par endroits le sol maigre, les bruyères ét(;ndant au loin leur teinte uniforme et le souffle humide et froid des vents pleins de vague et de tristesse. Toujours enfin il entendit résonnerau fond do luimôme l'écho assourdi des cloches lointaines de la ville dis.

Critique, il eût à un degré éminent cette première qualité du critique : le goût. A l'exemple de Diderot, de Théophile Gauthier et do Paul de Saint- Victor, il reprenait avec la plume l'œuvre

du pinceau et du ciseau. Et les nombreuses critiques d'art qu'il signa à la Gazette des Beaux- Arts^ comme les Sa/oîis qu'il donna dans divers journaux, témoignent de son information scrupuleuse, de sa culture affinée, de sa haute probité intellectuelle et de son art exquis du bien dire. Il faudra quelque jour recueillir, en un livre qui restera, ces pages dont la fleur n'est point fanée, ni le parfum évaporé.

Chez Ary Renan, l'homme commandait l'estime et attirait la sympathie. Je l'ai fort peu connu, mais assez pour avoir pu apprécier son caractère. Une fois seulement, et trop tard, il me fut donné de le rencontrer. Il ne se prodiguait pas. En dehors d'une intimité d'autant plus précieuse qu'elle était plus rare et que seule une affection attentive, délicate et assidue pouvait forcer, son âme discrète et repliée ne s'ouvrait pas à tout venant. On le devinait plutùt qu'on ne le connaissait vraiment. Il parlait

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fort pou ; mais sa conversation, surtout lors- (ju'il traitait des questions d'art et de littérature, ([ui le passionnaient, ('tait des plus instructives et des plus agréables. Son jugement était droit» indulgent et lucide, et son esprit, où quelque chose avait persisté de « Tironie renanienne», abondant en aperçus originaux et fertile en anecdotes. Il devait pour parler vaincre certaine timidité naturelle. Cethomme, qui ne vivait que de beauté et pour la beauté, était difforme. Il en souffrit toute sa vie, et la méditation de certaines pages des Souvenirs d'enfance et de jnirœs^ic ou de VAhbesse de Jouarre sur la vertu et la beauté lui dut être infiniment douloureuse. Jamais pourtant il ne fut aigri, jamais sa fière bonté ne se démentit. On cite de lui des traits de générosité qu'il appartient de louer à ceux qui l'ont mieux connu que moi. Et je doute aujourd'hui s'il faut leproclamerheureux ou malheureux, digne de pitié ou d'envie. Habouc endormi dans un ruisseau et foulé aux pieds par les passants sentait sur ses lèvres les baisers parfumés d'une reine. Il n'est point permis do le plaindre, car il connut des secrets que

les autres hommes ignorent. 11 vécut dans le rêve, et son rêve était d'or.

Toutes incomplètes qu'elles sont, ces lignes expriment avec sincérité mon admiration pour l'artiste et pour l'homme. Je les dépose comme' un humble bouquet sur la pierre qui abrite désormais son repos. Mais, comme disait Ernest Renan, « tout n'est ici-bas que symbole et qu'image; la partie vraiment éternelle de chacun, c'est le rapport qu'il a eu avec l'infini ». C'est dans le souvenir des hommes que l'homme est vraiment immortel. Ary Renan emporte en mourant les plus pures et les plus nobles visions que l'univers puisse imprimer en une àme bien née. Sa mémoire se perpétuera parmi nous, à côté de celle de son illustre père, par quelqu'une deses œuvres délicates et modestes, pleines de pensée et d'émotion, où il a mis le meilleur de luimôme, et par le souvenir d'une belle vie.

UNE DISTRIBUTION DE PRIX

UNE DISTRIBUTION DE PRIX

Chaque année, dans la dernière el chaude semaine de juillet, des personnages recommandables par leur talent, leur situation ou leur grand âge, font par toute la France des discours aux collégiens. Le plus souvent, ils acceptent cet honneur avec quelque ennui et s'en acquittent sans grande conviction. Si c'est un universitaire, il fait nécessairement l'éloge de « cette Université que l'Europe nous envie » ; et si c'est un général, toutes ses complaisances vont au premier prix de gymnastique qu'il signale à ses condisciples comme « le modèle de la jeunesse des Ecoles et Fespoir de la France », en rappelant que, selon le mot de Lucrèce {Mens saïui in cor pore sano)^ un esprit sain ne peut résider qu'en un corps sain (ce qui est très vrai, n'est-ce pas? exemple : Pascal). Il est juste de

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dire aussi que los «jeunes élèves» ne prôlenl «rordinaire qu'une oreille distraite aux paroles ailées du vieux monsieur qui leur offre le meilleur de son expérience. Les « arrivistes » frissonnent sur leur banc de velours rouge cl cherchent anxieusement à deviuer leur pari dans l'amas lointain des livres dores et des couronnes de papier peint; les rêveurs songent doucement au repos des campagnes et aux pentes vertes des prairies sur les bords d'une rivière paresseuse; enfin, les frondeurs et les sceptiques, qui n'attendent point de récompense, trompent l'ennui de la captivité en remarquant les toilettes ridicules des mères, en dénombrant les crdnes dépouillés des pères, en observant que les « pions » en toge ont l'air de commissaires de police de guignol.

Parfois, cependant, ces baran^^uo m»ii( tligin'^ de durée et, après avoir ému leur jeune auditoire, portent plus loin et entrent dans la littérature. Je crois bien que le chef-d'œuvre de Théodore Jouffroy est cette admirable page sur la destinée humaine qui fut son testament philosophique et qu'entendirent jadis les élèves.

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maintenant au soir de leur vie, du Lycée Gharlemagne. Jamais Edmond About, dans sa langue étincelante, ne parla mieux du vrai patriotisme et de la liberté, et jamais Ernest Renan n'exposa le sens de la vie avec plus de charme et d'élévation qu'aux distributions des prix de ce môme lycée. Les murs où résonnèrent de telles paroles en demeurent ennoblis pour toujours.

Si j'ai assisté ce matin à la distribution des prix du lycée Janson-de-Sailly, ce n'était point assurément pour y apprendre que M. X..., élève de cinquième, avait fait un prodigieux thème latin; M. Y..., élève de troisième, une déconcertante version grecque; et M. Z..., élève de rhétorique, apprécié comme ilconvientle caractère de Litsignan. C'est que le vénérable, candide et optimiste poète Eugène Manuel y devait, par nos temps troublés, indiquer aux jeunes Liens qui l'écoutaient leur devoir de Français et (h' j'épublicains. C'était, en elï'et, un spectacle

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louchant à la l'ois et ivconforlaul ejiio celui de ce vieux maître, — dont la vie, longue cl abondante en mérites, s'est vouée à réducation et à la confection df petits vers aimables, académiques et moraux cl aux bonnes œuvres, — voûté par les ans sous sa toge violette d'inspL'cleur général de l'Université, préchant l'amour de la beauté, de la justice et de la vérité, d'une voixéloquente et redevenue vigoureuse 11 y

a quelque chose de plus à emporter d'ici, disait-il, sans môme attendre que la i)hilosophie vous en fasse un besoin. Nous voulons que vous aimiez, que vous adoriez la vérité bien voiléo dans le passé, dans le présent encore, mais de plus en plus dégagée de ses ombres, de plus en plus éclairée par la lumière des sciences et de l'histoire; la vérité qui fait le jour dans les (esprits, qui explique peu à peu l'homme et l'univers, entr'ouvre l'infini et révèle l'idéal... Mais il y a plus encore, il y a, au-dessus de la vérité, la bonté, la pitié et la charité, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus divin en nous, la fraternité, lien de toutes les parties de la famille humaine ; la justice, principe essentiel de l'harmonie so-

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ciale, condition même de tous les droits et de tous les devoirs... » En bon inspecteur, il a justifié rUniversité des attaques chaque jour plus vigoureuses qu'elle doit soutenir contre des ennemis, auxquels se sont joints ceux-là mêmes qui lui doivent tout, comme ces enfants dont parle La Bruyère : « drus et forts du lait qu'ils ont sucé, qui battent leur nourrice ». Il a montré enfin que cette Université qu'il a jadis nommée abna matei\ doit tendre, avant tout, à former des hommes, en dehors et au-dessus de tous les programmes, par la raison et la bonté, pour la liberté, la justice et la vérité. Et tout cela, en un style imagé et gracieux, coulant et léger, élégant et concis.

Toute parole humaine est une semence dont une grande partie se perd, mais dont quelque chose fructifie pourtant ici ou là. M. Eugène Manuel a été écouté avec attention et respect. Le discours de distribution de prix n'est donc

point toujours un genre stérile et vain; surtout lorsque celui qui parle a beaucoup vécu et beaucoup pensé, qu'il dit sincèrement aux jeunes gens que la vie a un but : le bonheur; et que le plus sûr et le plus noble moyen de l'atteindre (s'il existe encore) est de servir la justice et d'aimer la vérité. Hélas!

SIC prj:terit figura...

SIC PRJITERIT FIGURA...

Donc c'est la fin. Quelques jours tièdes encore, quelques beaux soirs radieux et vermeils, et l'on dépossédera de son royaume éphémère et paradoxal La Parisienne de M. Moreau-Vauthicrs qui, depuis des mois, aura, du haut de son socle inélégant, nargué les délicats et triomphé avec un air superbe des critiques et des gens de goût.

C'est la fin. Le prix des tickets baisse, baisse chaque jour, et les bons camelots s'acharnent d'un air suppliant autour des derniers entrants. Les visiteurs se font de plus en plus rares, même à ce délicieux Petit Palais et à ce charmant Pavillon de Hongrie. C'est la débâcle à la Rue de Paris, où quelques ombres mélancoliques errent désenchantées le long des baraques closes, tandis que les pitres qui « gardent le

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(lépùt de Tcsprit franc^ais » se taisent sur leurs troloaux en scrulanl la vanité des entreprises humaines. A la tombée de la nuit, les jardins s'illuminent encore pour quelques dilettantes attristés et quelques centaines de flâneurs sans enlhousiasme. Mais où sont les belles soirées d'antanoii lafoulese pressait noire et grouillante au pied de la tour Eiflel pour voir les fontaines lumineuses et le Palais de rEleclricitc ne pas s'illuminer? Où est le bon temps où M. Alexandre Millerand, — qui est artiste au sens où l'entendait Néron quand il disaii «n mourant : « Quel artiste périt », — allait, comme cbacun sail, scier à la faveur de la nuit les passerelles les plus fréquentées de l'Exposition? C'est la fin. Déjà, les premières morsures du froid ont chassé, après les hirondelles, les exotiques vers leurs chaudes contrées natales. Nous n'entendrons plus leurs musiques stridentes, ni le charivari assourdissant de leurs orchestres, ni leurs cris gutturaux. Nous ne les verrons plus, assis sur leurs nattes en des postures de bêles fatiguées, rôver des espaces, des forôls et des longs fleuves de leur pays et

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opposer à notre curiosilé amusée leurs visages muets et résignés. Nous ne rencontrerons plus, le soir, les tirailleurs sénégalais rentrant à la caserne, de leur marche balancée, sous les platanes ombreux de Favenue Henri-Martin. Les Fatmas et les Mouquères de la rue d'Alger ne secoueront plus en mesure leurs paquets de viscères à dix centimètres du nez des spectateurs, les noirs marchands d'écœurantes sucreries pour races inférieures plieront leurs étalages, les bons et hideux Aïssaouas ne croqueront plus de bouteilles, ne boiront plus d'essence minérale et ne s'ouvriront plus le ventre, et la gracieuse M""^ Sada Yacco elle-même ne mourra plus parmi nous, avec un si joli réalisme, au second acte de la Gesha. Elle s'en retournera, elle aussi, — un peu triste peutêtre, — au pays des Kakémonos et des maisons de papier, avec le bruissement d'un éventail japonais, tout bariolé de fleurs et d'oiseaux magiques, fermé à regret.

C'est fini. Hélas! nous ne verrons pas les fastueux palais do la rue des Nations ouat(% de neige, ni l'Exposition en tenue d'iiiver. Mais cela est peut-être mieux de la sorte, et nous nous éviterons ainsi des déceptions. Pourtant une mélancolie vous envahit à la pensée que tout passe dans le perpétuel écoulement des choses et que la pioche furieuse des démolisseurs va s'acharner sur ce joujou national encore si solide en apparence, et qui nous amusa quelques jours. Sic prœterit figura hujiis mundi. Et cela est triste aussi de songer que, hien qu'y étant allé soixante fois, on n'a pas vu l'Exposition. Il y a certainement une quantité de classes^ de sections^ de baraques amusantes, de pavillons instructifs, d'attractions pittoresques, d'édicules curieux, de panoramas, de dioramas, {\o souterrains, de caves, de balcons, de t<rrasses, de coins et de recoins que ceux aux- (juels les dieux ont refusé les vertus indispensables pour être bousculé, étouiïé, écrasé par leurs contemporains et « faire la queue » n'auront point visités. On a la sensation angoissante de l'irréparable. Je vous dis qu'il n'y aura

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