SCÈNE VIII
CRÈVECOEUR, PAVILLON, soldats, aufoud.
PAVILLON
Je n’entends plus rien!., le moment est venu, je crois, de m’esquiver bravement! (il s’arrête à i» vue du comte.) Oh !
CRÈVECOEUR, se levant.
D’où sortez-vous?
PAVII.LL0N.
De la cave. Monseigneur, de la cave...
CRÈVECOEUR, le saisissant par le bras.
Dites-moi, vous avez voyagé avec la comtesse de Croye ?
PAVILLON, effrayé.
Oui... non... oui... oui... Monseigneur.
CRÈVECOEUR
Un Écossais lui servait d'escorte?
pavillon.
Oui... oui, Monseigneur.
- CRÈVECOEUR
Quelle a été la conduite de ce jeune homme pendant la route?
pavillon.
Pleine de courtoisie et de respect envers les dames. Au mo ment où nous fûmes attaqués, je l’ai vu s’élancer seul contre 1er bandits.
CRÈVECOEUR
Ainsi donc il n’aété pour elle qu’un défenseur, et ce n’est pas volontairement qu’elle l’a suivi?
PAVILLON
Oh non'. Monseigneur, cette chère dame ne parlait que de gagner Liège au plus vite, et de s’y retirer dans un monastère.
CRÉVECOEUR, k part. »
S’il était vrai, pourtant!., si son cœur, libre encore, pouvait m’appartenir un jour. Allons, Crèvecœur, il faut le mériter, et ce n’est pas par la violence que lu dois y parvenir! (a un soldat.) ^llez, qu’on délivre le prisonnier, qu’on lui rende ses armes, et qu’il parte I
PAVILLON, à part.
Le roi Louis et le duo Charles réunis!... c’esi la force! donc je tue range de ce parti-là !.... Quels coquins que ces Liégèois !
CRÉVECOEUR,
Vous connaissez la ville ?
PAVILLON
Parfaitement.
• CRÈVKCOBUR.
Mes troupes doivent faire une reconnaissance : vous marche- > rez à leur tête...
PAVILLON, effrayé.
Moi! Monseigneur...
CRÉVECOEUR.
Vous hésitez?..
PAVILLON
Non... non !... au contraire! (a part.) Ah! si l’on me rattrape à faire de la politique...
CRÉVECOEUR.
Allons, soldats! en route !.. (Crèvecœur fait signe aux soldats de partir. — Ils sortent eu faisant marcher Pari lion derant eux. — Quentin parait au fond.)