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130 TOLTAIRE ET J.-J. ROUSSEir
toat pour TOUS en ôter le titre.... C'est une chose aussi singulière qu'étonnante que la passion aTec laquelle on tous a jugé ; à l'exception de trois ou quatre hommes sages qui ont résisté au torrent, tout le reste a conclu unanimement à TOUS décréter ; une déTotion mal entendue a offusqué la raison de la plupart, et ils n'ont pas tu qu'ils n'étaient que les instroments de la politique des autres *. «.*
La conduite du Conseil s'explique fort bien. Ne valaitil pas mieux fermer les portes à un citoyen turbulent dont les théories politiques et la présence pouvaient amener des mouvements populaires? Donc, tant au point de vue religieux qu'au point de vue politique, Jean-Jacques ne pouvait s'attendre à Genève qu'à une condamnation.
Il en était de même à Berne, où l'aristocratie n'entendait pas davantage laisser toucher à ses privilèges et compromettre son autorité. Aussi les ouvrages de Jean- Jacques y furent-ils brûlés, l'auteur expulsé du territoire, et cependant, à Berne, ni la Frai\pe ni Voltaire n'avaient d'action.
Rousseau, qui connaît toutes ces raisons, qui avoue qu'on était surexcité contre lui à Genève, qu'on le jalousait, qui ne pouvait avoir oublié les avertissements si nets, si précis, de Moultou, ce même Rousseau, le jour qù l'événement se réalise, le jour où ses livres sont brûlés et lui décrété, veut absolument trouver un bouc émissaire; il fait hommage à Voltaire de la persécution