‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 137 sur 334 · Rousseau à Noultou, 26 février · texte numérisé non relu

Rousseau à Noultou, 26 février

4. Il écrivit en effet h Rey, le i" décembre 1762 : « 11 y a deux mois que je me suis enfermé pour travailler h cet ouvrage, et comme je ne perds pas un moment, même aux dépens de ma santé, je compte être en état de vous l'envoyer vers les Rois ou au plus tard dans six semaines.... Il m'importe extrêmement que cet écrit paraisse le plus tôt qu'il se pourra, et je pense qu'il vous sera très aisé, si vous le voulez.

VOLTAIUE ET J.-J. ROUSSSAU 265

A la nouvelle d'un ouvrage de Rousseau, Voltaire témoigne une extrême impatience:

(( La Lettre à Christophe me donne la pépie. Je ne dormirai point queje n'aie vu la Lettre à Christophe : avez-vous lu la Lettre à Christophe? pouvez-vous me faire avoir la Lettre à Christophe? où trouve-t-on la Lettre à Christophe^? »

Enfin il la possède! C'est à d'Argcntal qu'il communique ses impressions. Mais s'il critique l'inconcevable vanité de l'auteur, il se trouve d'accord avec lui sur certains points et rend justice à son talent :

(( Vous aurez incessamment la Lettre de Jean- Jacques à Christophe,..; il persiste toujours à dire qu'il fallait lui élever des statues au lieu de le brûler...; il proteste à Christophe qu'il est chrétien; et en même temps, il couvre la religion chrétienne d'opprobres et de ridicules; il y a une douzaine de pages sublimes contre celte sainte religion. Peut-être ce qu'il dit est-il trop fort, car après tout, le christianisme n'a fait périr qu'environ cinquante millions de personnes de tout âge et de tout sexe, depuis environ quatorze cents ans, pour des querelles thcologiques. J'oubliais de vous dire que Jean-Jacques, dans son épître, prouve à Omer qu'il est un sot, en quoi je suis entièrement de son avis'. »

Il écrivait encore de Rousseau :

(( C'est Diogène, mais il s'exprime quelquefois en Platon.... Oh! si quelqu'un pouvait rendre aux hommes le

de le faire paraître avant PAques et j'y compte. » liCttres inéditea publiées par Bosscha, Amsterdam 1878.)

Page 1