‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 14 sur 334 · Confessions. Partie U, livre VIII · texte numérisé non relu

Confessions. Partie U, livre VIII

Son premier soin avait été de reconquérir son indépendance et de quitter Mme Dupin. Il s*était remis à son occupation favorite, c est-à-dii-e à composer des opéras, et, en attendant d*étre joué, il copiait de la musique pour gagner sa vie. On comprend aisément combien il était piquant de voir Rousseau s'abaisser à cet humble métier et quel attrait une société blasée éprouvait pour un homme qui savait si bien exploiter ses faiblesses. Lui-même avoue naïvement le succès que lui valait son excentricité et, on peut le dire,' son charla- 'tanisme.

il L*élat que j*avais pris excitait la curiosité; on voulait connaître cet homme bizarre qui ne recherchait personne, ne se souciait de rien que de vivre libre et heureux à sa manière.... Ma chambre ne désemplissait pas de gens qui, sous divers prétextes, venaient s'emparer de mon temps. Les femmes employaient mille ruses pour m'avoir à dîner. Plus je brusquais les gens, plus ils s*obstinaient —

(( Bientôt il aurait fallu me montrer comme Polichinelle, à tant par p«»rsonne.... Je n*y vis de remède que de refuser les cadeaux grands et petits.... Tout cela ne fit qu'attirer les donneurs qui voulaient avoir la gloire de vaincre ma résistance....*.

Le singulier prestige que Jean-Jacques avait su conquérir lui ouvrit toutes les portes, même celles de rOpéra. Pendant les rares instants de liberté que lui laissait sa célébrité récente, il eut le temps de com-

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