Moultou h Rousseau, 25 juin
être roccasion d'aucun trouble dans votre pays. Il vaudrait mieux ne pas répondre, que de répondre autrement*. »
Rousseau comprit combien la maladroite intervention du pasteur le compromettait, et il ne le lui cacha pas.
« J'aurais bien quelque chose à vous représenter sur ce que vous avez dit à Chappuis que j'avais tronqué la copie de sa lettre; car, quoique cela ait été dit à bonne intention, il ne faut pas déshonorer ses amis pour les servir. Vous m'avouez, à la vérité, que celte copie n'est point tronquée; mais il croit, lui, qu'elle Test : il le doit croire, puisque vous le lui avez dit, et il part de là pour me croire et me dire un homme capable de falsification. Il ne me paraît pas avoir si grand tort, quoiqu'il se trompe*. »
Jean-Jacques dépla^'ait volontairement la question,
peu importait que la lettre ait été tronquée ou non ; ce
*qui était grave, ce dont Chappuis se plaignait, ce dont
le philosophe aurait dû se disculper s'il l'avait pu,
c'était d'avoir communiqué sa lettre.
Il est juste de dire que Chappuis ne tarda pas à être récompensé. Après avoir laissé peser sur lui une véritable calomnie, Rousseau répandit le bruit qu'il avait été payé par Voltaire et Tronchin.
(( On dit que les jongleurs ont acheté Marc Chappuis avec