Canfeêêianê, Partie II, lÎTre VU
ai je ne m*en vantai pas ouvertement, ce fut uniquement par égard pour la mère.... Tout pesé, je choisis pour mes enfants le mieux ou ce que je crus Tètre. »
Et pour qu'on ne puisse douter qu'il a bien rédéchi, qu'il a agi en pleine connaissance de cause, il craint de faire école et il ose ajouter :
« Si je disais mes raisons, j*en dirais trop. Puisqu'elles ont pu me séduire, elles en séduiraient bien d*autres : je ne veux pas exposer les jeunes gens qui poun*aient me lire à se laisser abuser par la même erreur....*. »
Quelque confiance qu'il eût dans l'excellence de son système, Jean-Jacques, cependant, cacha sa conduite avec le plus grand soin, non pas qu'il en eût la moindre honte, dît-il, mais uniquement pour sauver l'honneur de Thérèse !
Toujours l'honneur de Thérèse!
Trois ou quatre amis intimes, auxquels il était impossible de dissimuler la vérité, furent seuls mis dans le secret.
Derrière les raisonnements et les sophismes qu'il accumule pour innocenter sa conduite, on perçoit clairement la vérité, et il faut la dire. Rousseau n'aimait pas ses enfants : « Les entrailles de père ne sauraient parler bien puissamment, dit-il, pour des enfants qu'on n'a jamais vus. » Comme s'il était nécessaire de voir ses enfants pour les aimer, comme si cette