Inédite. Cette lettre est déchirée en plusieurs endroits
2. Le canton de Berne ordonna la saisie de tous les exemplaires de XEspnt d'Helvétius et de la Pucelle de Voltaire. L'officier de justice chargé de cette mission revint devant le Conseil et dit : < Magnifiques seigneurs, après toutes les recherches possibles, on n'a pu trouver dans toute la ville que fort peu &' esprit et pas une pucelie. » (Walpole.)
3. Jean-Jacques parla cependant du livre de l'Esprit, mais avec modération. « Je suis persuadé que ce que M. Vernes me pardonne le moins, écrivait-il, est d'avoir attaqué le livre d'Helvétius, quoique je l'aie fait avec toute la décence imaginable, en passant, sans le nommer, ni même le désigner, si ce n*est qu'en rendant honneur à son bon caractère. » (l- août 1763.)
VOLTAIRE ET J.-J. HOUSSEAU 335
prendre la défense de Y Esprit dont les théories lui paraissaient séduisantes. Celle lettre était une arme dangereuse entre les mains de Rousseau; Bonnet et Troncliin redoutaient avec raison qu'il n'en' fit usage el ils en prévenaient charitablement le pasteur.
Ce dernier se crut probablement à Tabri de tout désagrément, car il fit imprimer sa brochure et la publia* :
(( Je viens d'avoir une dispute assez vive avec Vernes à votre occasion, mande Moultou à Jean-Jacques ; il vous réfulc, mon ami, et prouve dans son livre que vous n*étes pas chrétien; il voulait me communiquer son ouvrage, jugez comme J'ai reçu sa proposition*. »
Peu de jours après il lui envoie l'ouvrage luimême:
a Voilà, mon très cher ami, le misérable livre de Vernes. Le titre est insolent et il y a autant de bêtise que de méchanceté dans le reste.... 0 mon cher Rousseau, que ne puis-je montrer votre lettre à Vernes, elle mettrait le remords dans son lâche cœur. Permettez-irioi de la montrer au public. C'est un malheureux que, comme chrétien, vous devez démasquer.... Moi, à votre place, je montrerais la lettre sur Helvëliiis. Des cocpiius ne méritent rien. Quelle mauvaise foi dans ce Vernes'!
« Je ne sais ce (|ue vous ferez; à mon avis, cet ouvrage ne
1. n en publia m<^mc plusieurs dont voici les titres : Lettres sur te Christianisme de J.-J. Rousseau, iu-S", 1763. — Dialogues sur le Christianisme de J.-J. liousseau, in-8«, 17G3. — Réponses à quelques lettres de J -J. Rousseau^ in-S**, 1763.