‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 186 sur 334 · juillet · texte numérisé non relu

juillet

3. Inédite, 27 juillet 1763. Bibliothèque de Neufcbifttel, Mss.

mérite que le silence, et Yernes triomphera si vous riionorez d'une réfutation. Mais d'un autre côté, il a été encouragé à le faire par nos théologiens ; son écrit a été revu par Vernet, Claparède, Bonnet.... En un mot, c'est presque l'ouvrage de tout ce monde-là.... Us espèrent que si vous répondez, vous donnerez prise contre vous, et qu'en attaquant notre clergé, vous vous l'aliénerez encore davantage.... Ce qui vous étonnera bien, c'est que, par le conseil de ses amis, Yernes ou quelqu'un des siens fait partir aujourd'hui son livre pour M. l'archevêque de Paris. Des ministres de Genève le prennent pour juge de leur foi, bon Dieu quelle bêtise! je ne voudrais pas pour vingt louis qu'ils ne l'eussent pas faite*. »

Rousseau n'avait point pardonné au pasteur Vernes de l'avoir abandonné et de s'être retranché derrière sa foi pour ne pas approuver les dangereuses théories de V Emile. Quelle ne fut pas sa colère quand il se vit publiquement rejeté du nombre des chrétiens ! Cependant il eut assez d'empire sur lui-môme pour suivre les avis de Moultou, et garder le silence. Mais il en conserva une amère, rancune et si sa vengeance fut tardive, elle n'en fut que plus terrible*.

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