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414 YOLTAinE ET J.-J. ROUSSEAU
naissance de la charité chrétienne que vous lui
avez témoignée.... peul-élre est-il surpris que vous
préfériez le zèle pour la religion à la complaisance pour lui*... »
Mais qu'importent à Jean- Jacques les services rendus,
les preuves d*amitié et de dévouement ! Quand on se dit son ami on perd toute liberté, tout libre arbitre, il faut accepter toutes ses idées quelles qu'elles soient, et adopter toutes ses théories quoi qu'il puisse en advenir. De même que les pasteurs de Genève auraient dû s'incliner devant Y Emile et le Contrat social , et devenir les ministres de la religion naturelle, de même Montmollin aurait dû s'incliner devant les Lettres de la montagne et refuser de se conformer aux ordres de la vénérable classe de'Neufchàtel.
La situation de M. de Montmollin était épineuse. Tous ceux, qui lui avaient reproché trop de complaisance pour Rousseau en 1762, à l'époque de la communion du philosophe, l'attaquèrent naturellement avec violence lorsque les Lettres de la montagne parurent; d'autre part, il ne fut pas malmené moins violemment par les amis de Rousseau quand on le vit obéir à ses supérieurs et citer le philosophe devant le Consistoire.
« Il est bien difficile, écrivait-il avec calme à dlvernois, dans la position où je me suis trouvé et où je me trouve encore, de pouvoir faire selon les désirs des uns et des autres, il n'y a d'autre parti à prendre que de se con-