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enlever successivcniciil tous ses amis, dans les incidents les plus insignifiants, les plus imprévus, Jean- Jacques croyait toujours reconnaître la main deThomme de Ferney. Une des vexations qu'il ressentit le plus vivement fut celle relalive à la Corse, et cependant le palriarclie y était complètement étranger.
Les Corses, sous la conduite de Paoli, venaient de secouer le joug de la République de Gènes. Rousseau, dans son Contrat social ^ avait parlé d'eux « comme d'un peuple neuf, le seul de l'Europe qui ne fût pas usé pour lu législation » et il avait marqué la grande espérance qu'on devait avoir d'un tel peuple, « s'il avait le bonheur de trouver un sage instituteur. »
Il ne fut donc pas autrement surpris quand au mois de septembre 1764, il fut invité à faire un plan de législation pour la Corse. Cette demande lui était adressée par le fils d'une des plus grandes familles du pays, M. Buttafuoco, capitaine en France dans Royal Italien. Flatté d'une proposition aussi honorable, Rousseau accepta et demanda des renseignements sur le pays, les habitants, leur caractère, leurs mœurs, leurs usages, etc. 11 offrit môme de se rendre dans le pays, assurant que les prêtres y seraient contents de lui. « J'aime naturellement autant votre clergé que je hais le nôtre, disaitil. (( 11 se trouva ainsi en correspondance assez fréquente avec M. Buttafuoco et même avec Paoli'.
1. Pascal l'aoli, général corse, né en 1720. Il se mit à la téte'de rinburrection contre les Génois et conquit la plus grande partie de l'ile. Lorsque Gènes céda la Corse à la France en 1768, Paoli fut battu par
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Cepeiidanl le philosophe se meta l'œuvre et commence son plan de constitution; mais à peine a-l-il jeté ses premières idées sur le papier, qu'on l'avise de Paris qu'il est la victime d'une mystification, que les letlres qu'il a reçues sont fabri(|uées, bref qu'on se moque de lui. On lui désigne môme celui qui se vante d'ôtre l'auteur de la plaisanterie : c'est toujours Voltaire, l'éternel Voltaire.
Au premier moment Rousseau croit qu'en effet il a été joué, il abandonne plan, projets, etc., et à ceux qui le félicitent d'avoir été- choisi par l'illustre Paoli, il répond que c'est une invention de ses ennemis*.
D'Alembert, au courant des bruits qui circulaient dans Paris, s'empressa d'inlenoger le patriarche sur le crédit qu'il fallait leur accorder.
« Dites-moi un peu, je vous prie, si vous le savez, ce que c'est qu'une histoire qu'on fait courir d'une lettre des Corses à Jean-Jacques, pour le prier d'être leur législateur. Vous avez écrit ù quelqu'un que les Corses l'avaient seulement prié de mettre leurs lois en bon français : cela me paraît un persiflage ou de leur part, ou de la vôtre. C'est comme si nos seigneurs écrivaient à Paoli de mettre leurs arrêts en bon corse, ou aux sauvages du Canada de les mettre en bon iroquois. J'avoue que cette dernière traduction conviendrait assez aux réquisitoires d'Oiner. Quoi qu'il en soit, dites-moi, je vous prie, ce que vous savez là-dessus de certain. ... »
M. de Vaux, il se réfugia en Angleterre. Il vinl en France en 1789, mais, s'<Stant brouillé avec la Convention, il dut retourner en Angleterre où il mourut en 1807.