‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 244 sur 334 · dcccmbie 170j, ù Duchesue · texte numérisé non relu

dcccmbie 170j, ù Duchesue

VOLTAIUE ET J.-J. UOTSSKAU 447

u On assure qu'il a écrit, il y a peu de lemps, à Duchesne, son libraire à Paris, pour lui dire que cette prétendue lettre des Corses est fausse, et que c'est un nouveau tour que lui jouent ses ennemis. On ajoute que c'est vous qui lui avez joué ce tour-là, mais sans en apporter la moindre preuve. Je sais que Jean-Jaccfues a des torts envers vous, et qu'il vous a écrit des folies au sujet des comédies que vous faisiez jouer auprès de Genève; mais je ne puis croire que vous cherchiez à le tourmenter dans sa solitude où il est déjà assez malheureux par sa santé, par sa pauvreté et surtout par son caractère. »

Voltaire n'avait pas cherché à lourmenler Jean-Jacques, mais il est certain qu'il avait cru tout le premier ù une plaisanterie imaginée par quelque malveillant et il s'était borné à le dire : « La députation des Corses à Jean-Jacques est une fable absurde, répond-il à d'Alemberl'. — Comment a-t-on pu imaginer que les Corses lui aient écrit, mande-t-il encore à M. Bordes*? »

La demande des Corses était cependant parfaitement réelle.

A la réflexion Rousseau se ravisa ; il comprit la difficulté d'avoir contrefait les lettres, d'avoir entretenu avec lui une correspondance suivie; il reprit donc son travail, mais sa rage contre son ennemi n'en fut pas atténuée :

« On répand donc, écrit-il à Lenieps, que c'est l'inquisiteur qui m'a écrit au nom des Corses, et que j'ai donné dans un pièges! subtil. Ce qui me parait ici tout à fait bon est que l'inquisiteur trouve plaisant de se faire passer pour faussaire,

i. 0 janvier 1763.

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