Hume't life and correspondence
r». 4 décembre 1765.
A la sollicitation de Mme de Verdelin, le duc d'Auinont fit obtenir à Rousseau un passeport pour traverser la France, avec Tautorisation de s'arrôter à Paris. Ce passeport était indispensable, car le décret de prise de corps lancé en 1762 n'avait pas été révoqué*.
Après avoir reçu à Strasbourg Taccueil le plus flatteur, Jean-Jacques en part le 9 décembre et il arrive à Paris le 16 ; il descend chez Mme Duchesne, veuve de son libraire', mais il n*y reste que quelques jours; cédant aux instances du prince de Conti, il accepte l'hospitalité à Thôtel Saint-Simon, dans Tenceinte du Temple'. Cette enceinte privilégiée était en dehors de la juridiction du Parlement; elle offrait un asile inviolable et Ton s'y trouvait à l'abri des lettres de cachet.
Avant de quitter Strasbourg, Rousseau écrivait au libraire Guy : « Je vous prie en grâce de ne pas annoncer mon arrivée, et de ne parler de moi à qui que ce soit. Si vous me décelez, je serai accablé de curieux*. » Il prévenait en même temps les quelques amis qu'il voulait voir que son intention formelle était de garder le plus parfait incognito, et il ajoutait même : « Si je pouvais le garder le reste de la vie, je serais le plus heureux des mortels\ » Cependant, le lendemain même de son arri-
1. Le gouvernement voulut d'abord donner à Rousseau un passeport sous un nom supposé, mais les amis du philosophe refusèrent, sachant bien qu'il ne s'en accommoderait pas.
2. Duchesne était mort en 1765; Guy, son associé, continuait son commerce.