‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 252 sur 334 · Kœnilz. 1« décembre · texte numérisé non relu

Kœnilz. 1« décembre

VOLTAIKt: ET J.-J. ROUSSEAU 401

ami, il l'embrassa sans dire un mot et couvrit sa figure (le baisers et de larmes*.

Au moment où Jean-Jacques allait chercher en Anglelerre une nouvelle patrie, Walpole, qui résidait à Paris, disait à lady Ilervey :

(( Je désire que M. Hume n'ait pas trop à se repentir de s'être associé avec Rousseau, qui est toujours en contradiction et en querelle avec le monde entier, uniquement pour conquérir son admiration. Les moyens qu'il emploie et son but me semblent bien au-dessous d'un tel génie : si je possédais ses talents, je dédaignerais les suflragcs de tout ce qui ne serait pas à ma hauteur et je rougirais de devoir une part quelconque de ma réputation à des afîectations et à des singularités; mais les grands talents ressemblent à de hautes tours, bâties sur de hautes montagnes plus exposées ainsi à toutes les tempêtes et plus susceptibles de s'écrouler.

« Charles Townscnd est emporté par le vent de tous les points de la boussole, Housseau persiste à prétendre qu'il vente du nord et du sud à la fois, et Voltaire démolit la Bible pour lui substituer le fatalisme : ainsi sont compatibles les plus grandes intelligences avec les plus grandes absurdités*. ))

Walpole, noiis le savons, n'aimait ni Rousseau, ni les philosophes. Il venait de voir Jean-Jacques de près, et

1. En rendant compte à Mnio de Uoiifflers de leui- voyage, Iluino donne de curieux détails sur la santé du philosophe : < Il se croit très malade, écrit-il. C'est un des hommes les plus robustes que j'aie jamais vus. Il a passé dix heures la nuit dernière sur le pont, avec un temps ulTrcuXfSans prendre aucun mal. pendant que les matelots étaient gelés à mort. » (19 janvier 1766. — Humé'* life and corretpondence.]

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