janvier 1766. Traduction du comte de Bâillon
W^ VOLTAIUE ET J.-J. ROUSSEAU
son bon sens s'était révolté en présence de toute celle mise en scène, destinée à éblouir un peuple d'adorateurs.
^ Je me SUIS totalcmeul lavé les mains de leurs savants et de leurs phtIosopheAy écrivait-il à («hute; je ne vous envie même pas Rousseau qui s*est affublé de toute la cbarlatanerie du comte de Saint-Germain pour se rendre original et faire parler de lui*. J'admire son talent, mais ni lui ni aucun autre génie, que j'aie connu, n'ont jamais eu assez de bon sens pour contrebalancer Timperlinencc de leurs prétentions. Us détestent les prêtres, mais ils tiennent absolument à avoir un autel à leurs pieds. Voilà pourquoi il est beaucoup plus agréable de les lire que de les connaître*. »
Le culte rendu à Jean-Jacques pendant son séjour à Paris, raflectation et la singularité du philosophe, ses récriminations et ses doléances sur les persécutions qu'il essuyait, exaspérèrent Walpole; il apprit en même temps « une foule d'anecdotes qui répondaient parfaitement à ridée qu'il avait conçue de lui* ». « Je suis désolé, disait-il, qu'avec tant de talent il soit devenu un pareil saltimbanque''. »
Vers la fin de décembre, se trouvant un soir chez Mme Geoffrin, le spirituel Anglais se mit à plaisanter sur les contradictions de Jean-Jacques et la manie qui le possédait de se croire entouré de persécuteurs. La satire amusa la compagnie.