Wnipole à Gray.' 25 janvier
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persécution et cette idée lui tenait d'autant plus au cœur qu'elle était plus chimérique; aussi, au lieu de prendre la lettre pour une moquerie en somme assez anodine, il eut la bonté de s'en affliger. On a dit qu'il se laissa tromper, qu'il la crut réellement l'œuvre de Frédéric, et l'on a même cité la réponse douloureusement indi' gnée qu'il adressa au roi. La réponse est apocryphe; Jean-Jacques ne se méprit pas un inslant et n'eut pas le ridicule d'allribuer cette letjre impertinente à un monarque qui venait de le combler des marques de sa protection, mais c'est encore son irréconciliable ennemi qu'il accusa, et c'est sur Voltaire que se portèrent immédiatement ses soupirons.
Rousseau était parti pour l'Anglçtcrre plein de conliance et d'abandon dans son nouvel ami. Les premiers temps de son séjour ne démentirent pas ces heureuses espérances. A peine arrivé, il est l'objet d'une très vive curiosité; mais en môme temps on l'entoure d'attentions de toutes sortes. Hume, qui lui sert d'introducteur dans la société anglaise, se multiplie pour tenir ses promesses. Il le présente à tous ses amis et il fait des efforts inouïs pour lui ménager partout une chaleureuse réception, Le philosophe visite les Chambres, où il est reçu avec honneur; il va an théâtre dans la loge de Garrick; le roi et la reine assistent à la représentation pour voir l'illustre exilé, et ne le quittent pas des yeux pendant toute la soirée'.
1. Ihimc à son rrèi*e, "2 février 1700. — Housseau déclara à Hume, lorsqu'il vinl le chercher à son domicile, pour le mener à cette repré-
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Jean-Jacques, dans sa correspondance, ne tarit pas en éloges sur « les tendres soins » de David, et sur l'accueil distingué qu'il lui procure. « Je n'imagine pas, dit-il, comment, sans lui, j'aurais pu faire pour me tirer d'affaire*.... C'est un digne homme et un bon ami à qui j'ai de grandes obligations. Le connaître seulement par son beau génie, c'est ne le connaître que par la moitié de son mérile'. >:
Le philosophe, du reste, est enchanté, non seulement de Hume, mais encore de la nation anglaise.
(( On ne peut avoir de repos ici par Taflluence du monde dont on est accablé. Cependant je ne rends aucune visite et l'on ne s'en fâche pas. Les manières anglaises sont fort de mon goût; ils savent marquer de Testime sans flagornerics; ce sont les antipodes du babillage de Neufchatel. Mon séjour ici fait plus de sensation que je n'aurais pu croire. M. le prince hérédilaire, beau-frère du roi, m*dst venu voir, mais incognito'*, w
Les impressions de Hume n'étaient pas moins favorables. On l'avait prévenu à Paris de Tinsociabilité de son nouvel ami, on l'avait mis en garde contre son humeur chagrine et soupçonneuse, bref, tous ceux qui connaissaient Jean-Jacques n'avaient pas caché à David qu'il
seiitatioii où le ro> cl la reine ruUeiidaiciit, qu'il ue bougerait pas, « car, dit-il, que ferais-jc de Sultan? » Hume lui conseilla de rattacher, ce qui fut fait, mais Sultan s'étant mis à hurler, le philosophe i*cru:a encore de s'éloi(,nicr; on eut toutes les peines du monde à le décider.