Humes life and correspomlruce
Londres lui tourna le dos, et quand on demandait une audience à Rousseau, on évitait la Levasseur avec grand soin. Le pliilosophe, dont le sens moral était complètement faussé parles témoignages de considération qu*il avait vu rendre en France à sa compagne, fut profondément froissé du peu d'accueil qu'elle reçut en Angleterre, et il chercha à s'éloigner de Londres le plus rapidement possible*.
Après bien des recherches infructueuses, car son pupille se montrait fort exigeant, David finit par découvrir à Wootton, dans le Derbyshire, une délicieuse résidence qu'on mil ^gracieusement à la disposition du citoyen de (ienève. Le propriétaire, M. Davenport, ne l'habitait pas, mais il y entretenait un assez nombreux personnel. Il fut convenu que. pour mettre la susceptibilité du philosophe à l'abri, M. Davenport accepterait une pension animelle de trente livres sterling.
Ce ne fut pas sans inquiétude que Hume vit son ami se retirer à la campagne. 11 redoutait l'effet de la solitude sur sa nature triste et mélancolique : « Je ne serais pas étonné, disait-il, qu'il ne fiU pas heureux et qu'il quillAt bientôt la retraite que je lui ai trouvée. » On voit du reste à cette époque que ses idées se sont modifiées et qu'à l'enthousiasme des premiers jours a succédé une appréciation plus saine du caractère de Rous seau.
a Cot homme, mnnde-t-il à Blair, le plus singulier de tous