‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 266 sur 334 · juillet 1700, Itousseau, ses amis et ses ennemis · texte numérisé non relu

juillet 1700, Itousseau, ses amis et ses ennemis

VOLTAIKE ET J.-J. ROUSSEAU 479

Turcs, que je ne m'étonne pas que vous soyez sur vos gardes avec quelqu'un que vous ne connaissez pas de longue main. Je me flatte que ces soupçons se dissiperont'. »

Loin de se dissiper, ils ne firent que s'accentuer. La solitude aidant, Jean-Jacques en arriva au plus violent degré d'exaspération, mais David ignorait tout encore et ne se doutait pas de l'état de son ami.

Une remarque essentielle à faire, c'est que Rousseau est de bonne foi; il croit ce qu'il dit, il est convaincu que Hume est un traître, il en souffre, il en est désolé, mais une fois celle idée dans la lôte, pas de puissance humaine qui puisse l'en faire sortir. C'est avec le désespoir dans l'âme qu'il écrit à M. de Malesherbes :

(( Ue penser qu*un homme avec qui je n*eus jamais aucun démêlé, un homme de mérite, estimable par ses talens, estime par son caractère, me tend les bras dans ma détresse et m'étouffe quand je m'y suis jeté : voilà, Monsieur, une idée qui m'atterre. Voltaire, d'Alembert, Tronchin, n'ont jamais un instant affecté mon âme, mais quand je vivrais mille ans, je sens que jusqu'à ma dernière heure jamais David Hume ne cessera de m'ôlre présent*. »

Rousseau assure qu'il reste calme au milieu de toutes ces trahisons : « Je suis le premier à rire de toutes leurs folies, dit-il, il n'y a que la noirceur de celui qui sous main fait aller tout cela qui me trouble

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