juillet 1766. liotuseau^ ses amis et ses ennemis
498 VOLTAIRE ET J.-J. UOUSSEAU
La situation pour les dévotes de Rousseau était fort critique. Elles avaient toujours soutenu fidèlement leur idole, elles l'avaient toujours défendu avec acharnement. Mme d'Kpinay, Grimm, Diderot, Voltaire, d'Holbach passaient pour avoir eu tous les torts dans leurs querelles avec le citoyen de Genève; moins ils s'étaient plaints, plus on les avait violemment accusés :
tt On ne pouvait prendre la niùme tournure à l'égard de David Hume. La joie qu*on avait ressentie de sa liaison avec Jean-Jacques était trop récente. On s'était tant applaudi des éloges réciproques dont ils s'accablaient l'un l'autre! on s'était tant promis de tirer de la durée de leur amitié 'un argument terrible contre les anciens amis dt* H. Rousseau! D'ailleurs la droiture et la bonhomie de M. Hume étaient trop bien établies en France; Tes partisans de M. Rousseau avaient eux-niêmos tant vanté la chaleur avec laquelle son nouveau bienfaiteur avait travaillé pour lui procurer un sort heureux on Angleterre* ! »
Toutes les dévotes souffrirent pendant plusieurs jours de migraines effroyables, et restèrent de fort méchante humeur; ne sachant comment excuser Rousseau, elles n'eurent d'autre ressource que de fermer leurs portes en attendant qu'il leur eût lui-même fourni des arguments décisifs en sa faveur. La réponse que reçut la comtesse de Boufflers ne fut pas de nature à la tirer d'embarras; le philosophe, blessé de ses reproches, lui répondit sur un ton qui mit fln à leurs relations :