Sayous, Dix-huitième siècle à Vétranger
la Providence, mais quand le citoyen de Genève quelque temps après lui demanda, conformément à Tusage, la permission de la publier, il s'empressa de s'y refuser, de façon que Jean-Jacques en fut doublement pour ses frais : il n'eut pas la réfutation qu'il attendait et son éloquente plaidoirie dut demeurer secrète. C'était un coup d'épée dans l'eau.
Deux ans plus tard Voltaire publiait Candide, qui pouvait passer pour une réponse directe aux théories optimistes de Rousseau; ce dernier le prit ainsi, car il écrivit dans les Confessions :
a Depuis lors Voltaire a publié cette réponse qu*il m*avait promise, mais qu*il ne m*a pas envoyée. Elle n'est autre que le roman de Candide, dont je ne puis parler parce que je ne l'ai pas lu*. »
Mais cette assertion est d'autant moins vraisemblable, que Jean-Jacques mandait en 1764 au duc de Wirtemberg :
« Vous êtes surpris que ma lettre sur la Providence n'ait pas enipéclié Candide de naître? C'est elle, au contraire, qui lui a donné naissance; Candide en est la réponse. L'auteur m'en fil une de deux pages, dans laquelle il battait la campagne, et Candide parut dix mois après. Je voulais philosopher avec lui; en réponse, il m'a persiflé*.