‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 284 sur 334 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Sommaire : Arciisalions de Houssoau conire d'Alemberl . — Irritation (lo «rAleinbort. - hiblicalion do V Exposé succinct, — Hi»ponsps. — Lettre à Hume, par Voltaire. — Noies de la leih'e à Hume. — Ji'an-Jarqiies et M. d<' Moiitaigii. — Opinion de Tronrliiii sin* Voltaire et Rousseau. — Im guerre de Genève, — .4m aux Sages du siècle, par Dorai. — Les Adorateurs,

Pondant le cours de ce récit, nous avons toujoui*s vn dWlcmbert parler de Rousseau avec l)oaucoup d'amîli(' et de considération, nous l'avons toujours vu s'efforcer de pallier ou d'excuser les fautes et les mauvais procédés du Citoyen. Cette attitude, si constamment bienveillante, n'eut pas les résultats qu'on en pouvait espérer. Quand la prétendue lettre de Frédéric parut dans les journaux anglais, Jean-Jacques, qui tout d'abord l'attribua à Vollaire, s'aperçut bientùl, avec sa sagacité habituelle, qu'il faisait erreur : « Elle est de d'AJem- I>ert, dit-il; en y jetant les yeux, j'ai connu son style.

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comme si je la lui avais vu (écrire*. » A partir de ce moment, sans plus ample informé, et sur un soupçon aussi bien fondé, il mit ce philosophe au rang de ses persécuteurs ; « Je regarde le triumvirat de Voltaire, de d'Alembert et de Hume comme une chose certaine, écrit-il. Je ne pénètre pas leur projet, mais ils en onl un. » Il lui était assez difficile, en effet, de deviner le but du triumvirat.

Dans son acte d'accusation contre Hume, Rousseau jugea encore à propos de faire intervenir d'AIcmbert en lui prêtant les sentiments les plus hostiles : a il était depuis longtemps mon ennemi caché, dit-il, et n'épiait que les occasions de me nuire sans se conimettre^ » Comme preuve de celte inimitié secrète, il rappelait que lors de son récent passage à Paris, le seul homme de lettre qui ne fui pas venu lui rendre hommage était d'Alerabert.

Tant qu'il ne se trouva pas directement mis en cause, tant qu'il ne vil outrager que ses voisins, d'Alemberl ne se départit jamais d'une grande modéralion et il ne cessa de prêcher la résignation, l'oubli des injures aux victimes de Rousseau. Ru jour où il so vit à son tour attaqué, et injustement soupçonné, il perdit quelque peu de ce calme philosophique qu'on admirait tant chez lui quand les autres seuls étaient en jeu : c< Vous vous êtes chargé de montrer l'ours à la foire, mande-t-il furieux à Hume; sa loge qui d'abord était

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