‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 311 sur 334 · Premier dialogue · texte numérisé non relu

Premier dialogue

(( Veut-il passer Teau vis-à-vis les Quatre-Nations, on ne passera point pour lui, même en payant la voitwe entière. Veut-il se faire décrotter, les décrotleurs, Surtout ceux du Temple et du Palais-Royal, lui refuseront avec mépris leurs services.

« Une de leurs plus jolies inventions est le parti qu'ils ont su tirer de l'usage annuel de brûler en cérémonie un Suisse de paille dans la rue aux Ours. Celte fête populaire paraissait si barbare et si ridicule en ce siècle philosophe, que déjà négligée on allait la supprimer tout à fait si nos messieurs ne se fussent avisés de la renouveler bien précieusement pour Jean-Jacques. A cet effet, ils ont fait donner sa figure et son vêtement à l'homme de paille, ils lui ont armé la main d'un couteau bien luisant, et, en le faisant promener en pompe dans les rues de Paris, ils ont eu soin qu'on le mît en station directement sous les fenêtres de Jean-Jacques, tournant et retournant la figure de tous côtés pour la bien montrer au peuple, à qui cependant de charitables interprètes font faire l'application qu'on désire, et l'excitent à brûler Jean-Jacques en effigie, en attendant mieux ^ »

Ce n'est pas à la légère et sans preuves que Rousseau se dit victime d'une conspiration universelle, il ne combat pas une chimère. Lui-même a tenu a bien établir les motifs de son opinion :

Les philosophes, à l'en croire, sont les seuls coupables ; ce sont eux et eux seuls qui ont organisé cette noire intrigue par jalousie contre un infortuné dont ils ne pouvaient égaler le talent. Associés à des hommes puissants, ils sont devenus les arbitres de l'opinion publique

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