Premier dialogue
Quelque âme juste et généreuse a-t-elle pris le parti de ropprimé? Y a-t-il au moins un homme qui n'ait pas partagé « un aveuglement si stupide, une si absurde prévention? »
K La ligue est universelle, dil Rousseau sans exception, sans retour, et je suis sûr d'achever mesjours dans cette affreuse proscription, sans jamais en pénétrer le mystère'. »
C'est pendant que le malheureux philosophe était en proie aux hallucinations dont nous venons de donner quelques exemples, qu'il écrivit*, pourproléger, disait-il, sa mémoire contre les calomnies de ses contemporains, deux appendices à ses Confessions, sous les titres de Dialogues et de Rêveries.
Voici ce qu'on lit en tête de ce singulier ouvrage :
« Qui que vous soyez que le ciel a fait l'arbitre de cet écrit, quelque usage que vous ayez résolu d'en faire et quelque opinion que vous ayez de l'auteur, cet auteur infortuné vous conjure, par vos entrailles humaines et par les angoisses qu'il a souffert en l'écrivant, de n'en disposer qu'après l'avoir lu tout entier. Songez que cette grâce que vous demande un cœur brisé de douleurs est un devoir d'équité que le ciel vous impose. »
Quand Jean-Jacques eut composé ce long panégyrique pour bien prouver la persécution dont il étail victime, il s'imagina que les contemporains, qui le guet-