‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 319 sur 334 · Voir page · texte numérisé non relu

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2. En 1819, la promenade où ce buste était placé fut convertie en Jardin des Plantes. On en profita pour faire disparaître le buste. Unis en 1821 on en éleva un auti^.

5. Epitaplie de J.-J. Rousseau à placer sur la porte du Panthéon, par A. J. Guvot. Germinal an X.

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S'il faut s'en rapporter au récit reproduit par Vlntermédiaire^, « aussitôt après la rentrée des Bourbons à Paris au mois d'avril 1814, les hommes du parti royaliste qui avaient le plus contribué à la Restauration se préoccupèrent de la sépulture de Voltaire et regardèrent comme un outrage à la religion la présence du corps de cet excommunié dans une église. » Il fut décidé qu'on enlèverait sans bruit les restes de Voltaire et de Rousseau et qu'on les ferait disparaître.

Une nuit du mois de mai 1814, les ossements des deux philosophes furent extraits des cercueils de plomb* où ils avaient été enfermés; on les réunit dans un sac de toile et on les porta dans un fiacre qui stationnait derrière l'église.. . On arriva vers deux heures du matin, par des rues désertes, à la barrière de la Gare, vis-à-vis Bercy. 11 y avait là un vaste terrain entouré d'une clôture en planches.... et qui appartenait à la ville de Paris. Les alentours étaient déjà envahis par des cabarets et des guinguettes. « Une ouverture profonde était préparée au milieu de ce lerrain vague et abandonné.... On vida le sac rempli d'ossements sur un lit de chaux vive puis on rejeta la terre par-dessus, de manière à combler la fosse, sur laquelle piétinèrent en silence les auteurs de celte dernière inhumation de Voltaire. »

Ainsi rien ne put épargner aux restes de Vollaire et de Rousseau la suprême injure que ces deux philosophes avaient tant redoutée. Le public ignora cette profanation; les tombeaux restèrent en apparence intacts et tout le monde put croire qu'ils avaient été respectés'*.

\, 15 février 1864.

2. Le cercueil de Voltaire était en bois, Mme Denis ayant trouvé qu'un cercueil de plomb coûterait trop cher.

3. C'est seulement en i8'22 que le bruit se répandit que les sépultures de Rousseau et de Voltaire avaient été profanées. Le 25 mars 1822, N. Stanislas Gérardin interrogea le ministre de l'intérieur à la Chambre des députés et, se faisant l'interprétre de l'émotion publique, le somma de dire ce que ces dépouilles étaient devenues. M. de Corbiéres, ministre

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Peut-on méconnaître l'étrange fatalité qui pesa sur ces deux hommes qui, à eux seuls, représentent le dix-huitième siècle? Peut-on méconnaître le singulier enchaînement de circonstances qui, après avoir créé entre eux pendant leur vie les plus étonnants contrastes, après en avoir fait des ennemis irréconciliables, les réunit d*abord dans une apothéose commune au Panthéon, leur infligea ensuite une fosse commune, la voirie.

de l'intérieur, répondit : < Elles ont été déposées dans les caveaux de l'église Sainte-Geneviève et elles y sont encora. » On se contenta de cette affirmation, mais en 18G4, lorsque les héritiers du mai*quis de Villette, tirent don à l'Etat du cœur de Voltaire, l'empereur décida qu'il serait déposé dans le ceixueil qui renfermait les restes du poète. Monseigneur Darboy, consulté et sollicité d'autoriser l'ouverture des tombeaux, répondit qu'avant de rien faire il était bon de s'assurer que les restes de Voltaire n'en avaient pas été enlevés en 1814. C'est ce qui eut lieu; ou ouvrit le tombeau pendant la nuit, il était vide. (Intermédiaire, 15 mars 1764.)

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