‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 36 sur 334 · A Thieriot, 17 septembre · texte numérisé non relu

A Thieriot, 17 septembre

ingratitude; il attaque un art qu*il a exercé lui-même, et il écrit contre vous qui Tavez accablé d'éloges*. »

Cependant la Lettre sur les spectacles aiTive aux Délices; le patriarche en prend connaissance; cette fois il ne peut maîtriser un mouvement de colère que nous dévoile Mme de Constant* :

« Nous lisons le Rousseau genevois, écrit-elle, rien n'est plus fou et plus fait pour le bas. 11 y a un passage de Platon appliqué indirectement à Voltaire qui a mis les Délices en fureur contre lui^. Vollaire déclame violemment sans croire que nous en connaissions la véritable raison, car ce que Rousseau dit sur lui tout à plat est fort obligeant. »

Cédant à ce premier mouvement, Voltaire écrit au pasteur Vcrnes : « A l'égard des ânes rouges qui écrivent contre Tart des Sophocles, dans lequel ils se sont eux-mêmes exercés, je les plains et je vous aime. » Puis c'est tout, à peine de loin en loin laisse-l-il échapper dans ses lettres quelques plaisanteries. Et cependant il comprenait parfaitement que par-dessus la tète de d'Alembert, il recevait un terril) le coup droit qui ruinait à jamais son espoir .d'acclimater le théâtre à Genève.

Il ne se faisait pas la moindre illusion sur les mobiles qui poussaient Rousseau, il savait que c'était la jalousie qui le guidait et que toute celte campagne était dirigée

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