Mémoires de Marmontel
n VOLTAIRE ET J.-J. ROUSSEAU
(( M. de Voltaire ne jnia point écrit, mande-t-il assez aigrement à Vernes; il nie met tout à fait a mon aise et je n'en suis pas fâché*. »
La Lettre de Rousseau souleva à Paris les plus vives polémiques. Des gens de lettres, des comédiens, s'empressèrent de la réfuter, Marmontel lui-même se jeta dans Tarènc :
u Votre ouvrage a eu un plein succès, écrit Mme de Créqui à Rousseau ; M. de Marmontel vous réfute en ne vous répondant point. Les femmes sont un peu furieuses. Laissez dire tous ces oisons-là et pensez que jamais vous ne donnez quatre lignes qu'elles ne fassent sensation'. »
D'Alembert, bien qu'il fût à peu près hors du débat puisqu'il n était pas auteur dramatique et que Rousseau ne se fût attaqué qu'à un paragraphe infime de Tarticlc (ienèvey crut de son honneur de relever le gant dans une Lettre à 3/. J.-»/. Rousseau^ citoyen de Genève.
« Quelle misère qu'un tel livre pour un homme tel que d'Alembert, mande Moullou à Jean-Jacques, mais que peuton, quand on combat l'évidence môme et que l'on défend un ouvrage auquel on ne prend qu'un intérêt forcé...? Les Genevois se sont récriés contre la peinture que vous avez faite de leurs mœurs, dit M. d'Alembert. Mais de quels Genevois parle-l-il? des philosophes de Saint-Jean*? des
t. 0 janvier 1759.