‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 48 sur 334 · Giimm et la coterie holbachique · texte numérisé non relu

Giimm et la coterie holbachique

ce qu'elle avait commencé. Tronchin, qu'ils n eurent pas de peine à gagner, les seconda puissamment, et devint le plus furieux de mes persécuteurs, sans avoir jamais eu de moi, non plus que Grimm, Le moindre sujet de plainte. Tous trois d'accord semèrent sourdement dans Genève le germe qu'on y vil éclore quatre ans après*. »

Jean-Jacques venait en effet de se brouiller avec Tronchin, mais personne naturellement n'avait eu besoin d'intervenir.

Affligé de cette monomanie de la persécution qui le suivit jusqu'à sa mort, ne rcpondail-il pas aux conseils amicaux du docteur « qu'il en usait avec lui comme on en use dans l'interrogatoire des infortunés qu'on défère à l'inquisition », ne lui parlait-il pas de délateurs secrets, de mémoires sur lesquels il le jugeait sans l'entendre, toutes choses qui n'existaient que dans son cerveau malade! Tronchin, dont le diagnostic n'était pas en défaut, lui répondait :

0 Si vous vous portiez bien, l'encre dont vous vous servez serait moins noire, les malveillants que vous supposez disparaîtraient, vous ne vous reprocheriez point les éloges que vous avez donnés à votre patrie, vous n'imagineriez point qu'elle n'en est pas digne'.»

Mécontent de ces affectueuses paroles qu'il regarda comme des offenses, Rousseau rompit toutes relations avec son ami et à partir de ce jour se plut à le considérer comme un ennemi acharné.

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