‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 55 sur 334 · Wagniëre. Additions au Commentaire historique · texte numérisé non relu

Wagniëre. Additions au Commentaire historique

no VOLTAIKE ET J.-J. ROUSSEAU

pondancc : « Je voudrais que Rousseau ne fût pas tout à fait fou, dit-il, mais il Test. Il m'a écrit une lettre iK)ur laquelle il faut le baigner et lui donner des bouillons rafraîchissants*. » Et il pria Tronchin de lui envoyer une ordonnance; mais le docteur répondit que puisqu'il ne pouvait pas le guérir lui-même de la manie de faire encore des pièces de théâtre à son âge, il désespérait de guérir Jean-Jacques. « Nous restâmes l'un et l'autre fort malades, chacun de notre côté, » ajoute Voltaire gaiement*.

Mais si Rousseau n'a pu réussir à l'irriter, il a eu du moins le talent de lui faire une cruelle offense, et le vieillard de Ferney s'en ouvre à d'Alémbert :

a II m'écrit, à moi, la plus impertinente lettre que jamais fanatique ait grifTonnéc. Il me mande en propres mots : a Vous avez corrompu Genève, pour prix de Tasile qu'elle (( vous a donné; » comme si je me souciais d adoucir les. mœurs de Genève, comme si j'avais besoin d*un asile, comme si j*cn avais pris un dans cette ville de prédicants socinicns, comme si j'avais quelque obligation à cette ville^. »

En lui reprochant l'asile qu'il avait reçu, Jean- Jacques mettait le doigt sur la plaie et faisait à son ennemi une injure d'autant plus douloureuse, qu'il ravivait méchamment une vieille blessure. Il n'était que trop certain qu'en 1754, le philosophe banni de Prusse, banni de France, avait dû solliciter un refuge sur le

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