Paris, 11 <lécembre
plusieurs souverains, les avances qu'il en recevait, la faveur marquée* que lui témoignait Mme de Pompadour, tout pouvait lui faire présager une destinée plus brillante encore. Il ne connaissait en aucune façon le jeune compositeur, et bien qu*il eût pu se montrer froissé d'être consulté aussi tard, il prit fort gaiement son parti des transformations apportées à la Princesse de Navarre, et répondit avec beaucoup de bonne grâce et de désinvolture :
a Vous réunissez, Monsieur, deux talents qui ont toujours été séparés jusqu'à présent. Voilà déjà deux bonnes raisons pour moi de vous estimer et de chercher à vous aimer. Je suis fâché pour vous que vous employiez ces deux talents à un ouvrage qui n*en est pas trop digne.... Heureusement il est entre vos mains, vous en êtes le maître absolu : j*ai perdu entièrement tout cela de vue....*. Je compte avoir bientôt Thonneur de vous faire mes remerciments et de vous assurer, etc....*. »
Jean-Jacques a essayé plus tard de se faire une arme contre Voltaire du bon procédé qu'il en avait reçu.
a Qu*on ne soit pas surpris de la grande politesse de celte lettre, lit-on dans les Confessions, comparée aux autres lettres demi-cavalières que Voltaire m*a écrites depuis ce temps-là. 11 me crut en grande faveur auprès de M. de Ri-
i. Plus lard Voltaire désavouait absolument le Temple de la Gloire et la Princesse de Navarre : a Ce sont des ouvra(?es de commande que j'ai fait faire par des jeunes gens, écrivait-il au libraire Lambert, je ne souffrirai pas qu'ils figurent dans le recueil de mes ouvrages. » (Catalogue d autog.)