XVI INTRODUCTION
Sans doute, il ajoute que cette restriction ne s'adresse pas aux terres a puisqu'il en reste toujours assez et d'aussi bonnes... » Et où ! non pas dans le lieu où je désirerais être propriétaire.
Comment Locke ne s'est-il pas aperçu que cette restriction écrasait le principe qu'il posait et reculait aux lois agraires et au communisme?
Parmi les publicistes français, le principe de la propriété n'était pas très nettement dégagé. Montesquieu (1) avait dit « que le bien public est toujours que chacun conserve invariablement la propriété que lui donnent les lois civiles et qu'il n'est jamais que l'on prive un particulier de son bien ou même qu'on lui en retranche la moindre partie par une loi ou un règlement politique (1) », et il avait appelé « la loi civile, le palladium de la propriété ».
Rousseau, à ce moment, lançait ses annthèines contre la propriété; mais ce fut la maxime de Quesnay qui fut inscrite au frontispice delà Révolution de 89 et qui domine tout notre droit civil.
La notion du droit de l'individu et du droit de propriété, connexes l'un à l'autre, ne date que de Quesnay et des physiocrates, et elle contient tout l'avenir des sociétés. Elle est basée sur ce principe :
L'individu a le droit d'employer toutes ses forces intellectuelles et physiques pour acquérir et pour conserver son acquisition.
(I) Esprit des lois, liv. XXVI, chap. xv.