XXII INTRODUCTION
« Si on dit que nous achetons les toiles peintes des Hollandais, qui enlèvent notre argent, oublie-t-on que plus nous achetons de l'étranger, plus l'étranger achète de nos vins et d'autres denrées de notre cru et que plus le commerce réciproque s'étend, plus il nous est profitable (1)? »
Sile système de la balance du commerce trouve encore aujourd'hui, en France, une majorité de croyants dans le Parlement et dans la nation, on peut considérer queColbert aidant, c'était un article de foi au moment où les physiocrates parurent. On sait qu'il consistait dans cette hypothèse que les étrangers nous achèteraient sans jamais rien nous donner en échange, sauf de l'argent. Quesnay insiste sur ce préjugé, il mou- V» tre que si les étrangers ne nous donnaient que de ^'argent, ce ne serait pas une bonne affaire ; que s'ils nous donnent de l'argent, il faudra que nous le payions à sa valeur.
Voici ce qu'il dit dans son dialogue entre M. H. et M. N. sur le commerce :
« M. N. — Quel est bien précisément l'avantage que vous voulez obtenir de ce que vous appelez balance du commerce ?
« M. H. — Belle demande, je vous ai déjà dit que je voudrais que nous vendissions à l'étranger plus que nous ne lui achèterions.
« M. N. — Cela me parait difficile : car il est de
(1) Questions intéressantes, e)c, p. 277.