‹ Quesnay et la PhysiocratieChapitre 19 sur 88 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

«M. H. — Mais ne voyez-vous pas que l'étranger consommera les marchandises qu'il achète, qu'alors il ne lui en restera rien, au lieu que tout l'argent de son payement existera encore dans nos mains et accroîtra notre richesse?

« M. N. — Ah ! je vous entends ! Les productions et les marchandises se consomment, l'argent est durable : donc, à votre compte, l'argent vaut toujours mieux que les marchandises, même à valeur égale... Vous ne poussez pas assez loin votre raisonnement... Vous pouviez avancer qu'il y aurait de l'avantage à donner 100 000 écus en marchandises pour 50 000 écus en argent, puisque l'étranger consommerait vos 100 000 écus en marchandises et que les 50000 écus en argent ne s'anéantiraient pas de même; et ce que je dis là de 50000 écus vous pouvez le dire de 1000 écus et même d'un écu; de sorte qu'il vous serait facile de conclure qu'une nation ferait bien de vendre à l'étranger pour un écu une production qu'elle aurait pu vendre dans l'intérieur de son pays pour 100 030 écus... Pour peu qu'une nation voulût se livrer à ce commerce, elle ne manquerait point de vendeurs d'argent qui s'empresseraient de satisfaire son goût pour ce métal. Elle jouirait de l'avantage le plus décidé dans la balance de son commerce, elle verrait sans cesse accroître sa richesse pécuniaire. Il y a des gens qui pensent de bonne foi que, de cette manière, elle verrait accroître en même temps sa pauvreté réelle... »

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