INTRODUCTION. XXV
Quesnay insiste sur le caractère de la monnaie.
« L'argent monnayé est une richesse qui est payée par d'autres richesses, qui est pour les nations un gage intermédiaire entre les ventes et les achats, qui ne contribue plus à perpétuer les richesses d'un État lorsqu'il est retenu hors de la circulation, et qu'il ne rend plus richesse pour richesse : alors plus il s'accumulerait, plus il coûterait de richesses qui ne se renouvelle raient pas et plus il appauvrirait la nation.
« L'argent n'est donc une richesse active et réellement profitable dans un État qu'autant qu'il rend richesse pour richesse ; parce que la monnaie n'est par elle-même qu'une richesse stérile qui n'a pas d'autre utilité dans une nation que sou emploi pour les ventes et les achats, et pour les payements des revenus et de l'impôt qui le remettent dans la circulation (1). »
« L'argent de besoin » a chez tous les particuliers une destination à laquelle il appartient: celui qui est destiné à payer une dette échue ou à échoir appartient à cette dette et non à celui qui le possède... On n'hésite pas à le vendre au même prix qu'il a coûté, c'està-dire à le laisser passer chez l'étranger pour des achats de marchandises dont on a besoin : et l'étranger n'ignore pas non plus les avantages de ce commerce où le besoin des échanges dé-
(1) Note sur la maxime III, p. 348.