‹ Quesnay et la PhysiocratieChapitre 24 sur 88 · INTRODUCTION. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIX

les commerçants des autres nations sont aussi nos commerçants : et les uns et les autres commercent aussi entre eux. »

Il combat la vieille formule qui n'a point disparu de nos conceptions économiques : nul ne peut gagner qu'au dommage d'autrui. Il dit : « Si ceux avec qui nous commerçous n'étaient pas riches, nous ferions uu pauvre commerce (p. 428). » Cette vérité n'est point encore comprise par les gens qui s'acharnent à supprimer notre commerce avec nos clients les plus riches, tout en promettant de nous ouvrir des débouchés chez les peuplades qui, auraient-elles le plus ardent désir de nous acheter, n'auraient pas de quoi nous payer.

La presque unanimité des commerçants de l'époque de Quesnay avait pour principe « d'acheter bon marché et de vendre cher ». Quesnay s'avance jusqu'au milieu de la seconde partie du xixc siècle , quand il montre que l'intérêt du commerce est « d'acheter cher pour avoir le choix et la préférence de meilleures denrées et de vendre bon marché pour vendre plus vite (1) ». Renouveler son capital, tel est le principe de toutes les grandes entreprises modernes, des établissements comme les grands magasins de nouveautés qui ont bouleversé les vieilles routines. Quesnay avait donné la formule du commerce actuel. Les commerçants de son temps qui ont lu cette

(1) Quesnay, Lettre sur le langage de la science économique, p. 682.

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