XXX INTRODUCTION
phrase ont sans doute haussé les épaules en disant qu'il n'entendait rien au commerce et qu'il n'était pas un homme pratique.
Quesnay va même jusqu'à combattre ouvertement les préjugés relatifs aux accapareurs. « Si les greniers de blé multipliés par les marchands de grains ne sont pas des magasins qui assurent la subsistance du peuple dans les mauvaises années ; si l'achat des grains par les marchands dans les années abondantes ne facilité pas aux fermiers le débit de leurs grains ; si on doit craindre le monopole de ces marchands dans les mauvaises années ; si la concurrence de ces mêmes marchands et si ces greniers de blé si fort multipliés ne s'y opposent pas; si la liberté entière et constante du commerce des grains n'établit pas entre les nations un prix général qui est commun à toutes les nations... Comment peut-on concilier la conservation des grains surabondants et l'empêchement du magasinage ? Des vues si bornées et si contradictoires ne conduisent-elles pas aux non-valeurs, aux dégâts, aux famines, à la dégradation de l'agriculture, au dépérissement des revenus du royaume et à la dépopulation (Art. XI, XII, Grains)?
La formule « Laissez faire, laissez passer » est attribuée à Gouruay. M. Oncken prétend que cette expression : « laissez faire » est beaucoup plus ancienne ; « laissez-nous faire », aurait dit un commerçant nommé Legendre, à Colbert, vers 1680. Vers l'année 1736, Voyer d'Argensou dit