INTRODUCTION. XXXV
gouvernements, oppose cependant « aux lois humaines, le» lois naturelles et divines ».
Toutefois, il y a une différence entre la conception du droit divin et le droit naturel : le droit divin est toujours invoqué ;iu>si bien par Cicéron que par Bossuet, en faveur du souverain contre ses sujet-, tandis que le droit naturel a toujours été invoqué par Bodin, par Locke, par Quesnay et par tous ceux qui 1rs ont suivis, en faveur de cet être tangible qui nait, se perpétue et meurt, qui mange, boit, dort, respire, qui éprouve de la souffrance et du plaisir, qui n'est pas une entité, Un mot, une abstraction, mais une réalité : l'individu.
Cet individu a des besoins ; s'il ne peut leur donner satisfaction, il disparaît : qu'il soit privé de respiration pendant qnelques minutes, il meurt; aussi fèra-t-il des efforts désespérés contre celui qui tentera de l'étouffer ou de l'étrangler. Qu'il soit privé de boisson pendant quelques jours, il souffre et il meurt. Toute satisfaction d'uu besoin se traduit pour lui par un sentiment de bien-être et de plaisir, toute privation par un sentiment de douleur. Plus sa personnalité se dégage, plus il a une notion nette des rapports, des effets et des causes, et plus il a conscience que son corps, son être, lui appartiennent et qu'il ne peut les entretenir et les développer que par l'occupation ou l'acquisition de toutes choses plus ou moins variées, qui se trouvent plus ou moins à sa portée. Je sens, donc je suis,