‹ Quesnay et la PhysiocratieChapitre 42 sur 88 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

ces corps divers ne pouvaient pas accumuler dèstyrannies. C'était, en effet, la situation de la France sous l'ancien régime. Aussi elle était insupportable. La Révolution de 1789 s'est faite autant contre les tyrannies locales que contre la tyrannie royale.

Quesnay exprimait cette opinion quand il formulait ainsi la première de ses maximes sur le gouvernement : « Que l'autorité souveraine soit unique et supérieure à tous les individus de la société et à toutes les entreprises injustes des intérêts particuliers, car l'objet de la domination et de l'obéissance est la sûreté de tous et l'intérêt licite de tous.

« Le système des contre-forces dans un gouvernement est une opinion funeste qui ne laisse apercevoir que la discorde entre les grands et l'accablement des petits. »

Il disait ailleurs :

« La législation positive est essentiellement subordonnée aux lois primitives de la société. Ainsi, elle ne peut appartenir qu'à une autorité unique, supérieure aux différents intérêts exclusifs qu'elle doit réprimer (1). »

L'erreur de Quesnay ne venait pas, comme on l'a dit, de sa conception de l'unité de l'État : car il faut reconnaître que cette unité est une caractéristique du progrès. Vous voyez sans cesse les peuples uniformiser leur législation, leur

(1) Despotisme de la Chine, p. 630.

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