INTRODUCTION. LXXV
Il lie douta jamais la vérité de la Physiocratie tout entière (I).
Adam Smith subit certainement l'influence des physiocrates. Pendant son séjour de deux ans et demi sur le continent, de 1764 à octobre 1766, il passa dix mois à Paris ; il s'y trouva en relations très intimes avec Turgot, à qui il avait été recommandé par David Hume et il fréquenta Quesnay et ses disciples.
Dugald Stewart raconte qu'Adam Smith, loin de nier l'influence que les physiocrates avaient exercée sur lui, voulait dédier son ouvrage à Quesnay et que la mort seule l'en empêcha.
Tocqueville a remarqué que l'influence des physiocrates fut prépondérante dans l'Assemblée nationale de 1789. Nous avons vu que la Déclaration des Droits de l'homme était une conception de Quesnay. Lui et ses disciples avaient inspiré le respect de la liberté de l'individu. La proclamation de la liberté du travail, la loi de 1791 qui détruisit les corporations, maîtrises et jurandes, sont leurs œuvres : et elles nous servent encore aujourd'hui de poiut d'appui pour résister aux entreprises des socialistes. Défendant la propriété individuelle contre Mably, Brissot, Necker, ils ont contribué à la faire consacrer par la Révolution. J'ai montré que l'artcle 2 du Code rural de 1791,
(I) Un prince allemand physiocrate par E. Garçon. Revue du droit public, oct. 1895.