‹ Question actuelle [microforme]Chapitre 23 sur 29 · cts · texte numérisé non relu

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La purt des petites provinces. — Est-elle déraisonnable ?

La part des petites provinces, on le voit, reste plus considérable que celle des grandes, et plusieurs peutêtre s’étonneront qu’un règlement qui laisse subsister une telle inégalité nous satisfasse, Mais il faut observer, 1° que la subvention spécifique, cause de cette inégalité, est basée moins sur la population que sur les frais de législation et de gouvernement, proportionnellement plus considérables dans les petites provinces que dans les grandes; 2° que l'écart en faveur des petites provinces diminue sur presque toute la ligne, comme il ressort du caleul mathématique qui suit:

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Nouveau-Brunswick.

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Colombie Anglaise...

Ile du Prince-Edouard.

Nouvelle-Ecosse … Manitoba

Ontario.

Québec... 227

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Dans vingt ans l'écart aura presque entièrement, sinon entièrement, disparu.

Pour l'Ontario et Québec, la proportion totale par tête ne peut guère varier, seule leur subvention spécifique étant improgressive. Ainsi, il faudra à Québec 2,400,000 âmes pour que sa part tombe à 90 cents par tête, soit 80 cents pour une subvention et 10 pour l’autre. Pour quelques-unes des petites provinces, au contraire, la subvention spécifique, relativement si considérable aujourd’hui, ne tardera pas à s’affaiblir de 50 et de 100 pour cent. Le tableau suivant indique, dans de cas de ces provinces, la proportion de la subvention spécifique demardée, par rapport à la population actuelle et par rapport à une population hypothétique de 800,000 âmes : ;

Popul. Sub. spécif. Par Popul. Subside Par actuelle, demandé. tête, supposée. spécitiq. tête.

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En 1911, le Manitoba aura atteint, sinon dépassé, les 800,000 âmes, et la Colombie Anglaise touchera au demi-million. Quant à l'Ile du Prince-Edouard et au Nouveau-Brunswick, ils jouiraient ‘probablernent de longues années encore de leur avantage; mais que sont, contre, le reste du pays, ces deux provinces dont la populatiôn totale est à peine de 456,000 habitants? Pour notre part, nous consentirons volontiers à ce que la manne tombe plus abondamment sur des populations qui, évidemment, ont si peu participé à la prospérité générale de ces dernières années.

Pourquoi une nouvelle conférence ?

D’autres — c’est ce que M. Flynn a fait à la dernière session — nous reprochent d’avoir convoqué une nouvelle conférence, œuand nous n’avions, prétendentils, qu’à réaffirmer nos vœux de 1887.

Pourtant, les raisons de la convocation de l’automne dernier sont assez évidentes,

La conférence Mercier étant déjà vieille de 14 ans, et le gouvernement fédéral ayant à cette époque attribué.des motifs de parti aux gouvernements locaux, mous ne pouvions guère nous adresser à Otlawa sans avoir eollicité à nouveau l'opinion de toutes les provinces. Cette opinion, exprimée spontanément et librement l’automne dernier, constitue, par son unanimité, la preuve irrécusable de l'opportunité des réclamations de 1887.

En 1887, on prétendait que M. Mercier avait affaibli son plaidoyer en donnant certaines provinces comme injustement favorisées. Aujourd’hui nous - offrons au pays le spectacle de tous les gouvernements locaux unis dans une même revendication.

En 1883 et en 1884, MM. Mousseau et Ross étaient seuls à invoquer justice. Même en 1887, il manquait encore au concert la Colombie Anglaise et l'Ile du Prince-Edouard. Aujourd’hui, Québec a rallié à ses vues l'Ontario, la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick, la Colombie Anglaise, l'Ile du Prince-Edouard et le Manitoba. Le premier ministre de l'Ontario, qui n’a pu assister à la conférence, réaffirme, dans un vigoureux mémoire à M. Parent, ses opinions de 1887, alors qu’il prit part à la conférence Mercier et en signa les résolutions. Celui de la Colombie Anglaise, M. Prior, écrit que cette province, pour conserver son autonomie, a besoin de plus encore qu’on ne demande.

En 1887, l'Ontario hésita à tomber en ligne, parce que, disait-on, ses reveuus suffisaiént à ses besoins. En 1902, M. Ross est le premier à se joindre à nous.

En 1883, 1884 et 1887, ‘Juébec était divisée par des guerres i1testines, et il semblait que l’amour ou le désir du pouvoir dût toujours dominer, chez ses représentants, le souci des intérêts publics. Aujourd’hui, la province tout entière crie au gouvernement central: “Vous n’aurez de tranquillité que vous n'ayez donné suite aux intentions de nos délégués à la conférence de 1864!”

En 1887, on reprochait à M. Mercier de n’obär qu’à sa haine du ministère tory d'Ottawa, et ce reproche, dont l’inanité ressortait pourtant de la participation de M. Norquay à la conférence, semblait juste à un partie du corps électoral, En 1902, nous nous sommes adressés à un ministère libéral, et les premiers ministres onservateurs du Manitoba et de la Colombie Anglaise se sont joints à noue.

On le voit, une nouvelle conférence était devenue aussi opportune que nécessaire.

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