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QUE FERA LE PARLEMENT P—RETOUR VERS LE PASSE

Pour terminer notre travail, nous n’avons plus qu’à examiner si la situation à Québec et à Ottawa est auiourd’hui plus favorable qu’en 1883, en 1884 et en

sont venus,

les chefs des

la récente ar-

rivée au pouvoir, à a, d’ ieux disposés que leurs prédée des provinces,

Il est à peine besoin de démontrer combien la situation s’est améliorée, dans la sphère provinciale, en ces dernières années.

En étudiant les origines de l'agitation subsidiaire, nous Voyons tour à tour MM. Joly, Chapleau, Mousseau, Ross et Mercier, affirmer hautement Jes droits

es provinces à une augmentation de subventions, et les demandes varier suivant les besoins du moment jusqu’à ce que la conférence de 1887 les fonde en -deux formules si Justes qu’en 1902 nous n’y trouvons rien à changer. A vrai dire, depuis cette époque la question des subventions, chez nous, est sortie de la discnssion. (1)

de 25 contre 9, les ratifié la particiconférence, et il

s les autres légis wa de se prononce

À diverses époques des voix généreuses ont fait écho aux réclamations des provinces dans le Parlement, maïs aucun gouvernement encore n’a voulu toncher à la constitution.

() Voir à ce sujr* l'appendice No 5.

n débat sur certaines de- Masson prédit que modifier périodi-

affaire du à MM. Landry oncer, les deux Sénat, de vigoureux plaidoyers en faveur des droits provinciaux. Les résolutions interprovinciales de 1887 n’eurent Pas même les honneurs de la discussion. (1)

(Quant à la démarche faite par M. Flynn en 1896,

à la veille d'élections générales dont l'issue devait mamifestement lui être fatale, on ne doit pas s’étonner si résultat: il n’en fut question ni dans la

; l’opinion publique n°y vit que

vernement moribond.) actuel, au contraire,

En 1888, Leblanc et T

(1) Pour détails sur les débats de 1883 et de 1884, voir appendice No 6.

ct de 1884; il est aujourd CY aux Communes.

M. Landry, un des autonomistes de 1883, fait partie du Sénat,

“hui député de Montmoren-

Dans l'automne de 1901, au Club Morin, M. Monk,

adiens-français, a reproché à

Du côté ministérie 1902 et cette année

augmentation des subventions peut s’en convaincre à l'étude histoire politique des quinze dernières années.

Déclarations de M. Laurier,

-Programme de onférence proje-

Somerset, M. Laurier, parlant de la e

“Il est une question sur laquelle la conférence aura à se prononcer; c’est la question des subsides Provinciaux,

“Sur cette question-là je crois, messieurs, que je m’accorde, comme toujours d’ailkurs, avec M. Mercier,

“Les subsides Provineiaux sont une cause de malaise toujours croissant dans les diverses rovinces. : Cet <ause remonte à ceci: c’est que la manière ‘de distribuer les subsides Provinciaux

est toujours erronée. Pour ma part je le déclare, —parlant ma propre opinion — je serais opposé aux subsides provinciaux. J’aurais voulu que les provinces auraient des revenus assez considérables Rate permettre de ne rien demander au gouvernement fédéral. Le principe d’après lequel un gouvernement collecte les revenus, et un autre gouvernement les dépense, est un principe tout à fait faux et qui devra toujours conduire à d'extravagance. Mon ami M. Mercier lui-même, malgré la confiance que j'ai en lui, aura les plus grandes difficultés du monde à lutter contre la fausseté de ce système. Il est établi maïatenant que les subsides donnés aux provinces sont insutfisants, Ils ont. été augmentés à maintes reprises. Les augmentations excessives, faites sans règle, faites sans aucune base d'appréciation, sont un système de dégradation et de corruption entre les mains du gouxernement f6déral, et trop souvent cette augmentation de subsides n'a été que le compte payé par le gouvernement fédéral pour des trahisons politiques. J'ai confiance que le gouvernement de Vhon, M. Mercier suggérera un nouveau mode. Et puisque la conférence interprovinciale doit s'en occuper, je n’ai pas besoin de m'en occuper. Proposez un. autre mode pour répartir les subsides, et lorsque le mode sera choisi, lorsque l’on aura adopté un mode nouveau, les subsides ne pour re donnés aux provinces que du consentement de toutes les provinces, non pas seulement du consentement des provinces représentées dans la Chambre des Communes, mais de toutes les provinces représentées dans les législatures locales. ” — (Voir Electeur du 5 août.)

Ainsi, M. Laurier condamnait le système adopté en 1867, non parce qu’il assurait trop aux provinces, mais parce que, en lenr donnant trop peu, il les obligeait à implorer à tout moment.le secours d’un gouvernement intéressé à les tenir en tutelle. C’est aussi l’idée expriimée quelques se..aines auparavant par M. Mercier.

Le 13 novembre 1887, M. Laurier fit à Toronto un grand discours où il se prononça nettement en faveur des résolutions de la conférence.

Un certain nombre de ses ennemis persistaient néanmoins à le dénoncer comme un adversaire des droits provinciaux, quand, au cours de la session de 1891, l’occasion lui fut fournie de mettre fin une fois pour toutes à ces racontars. C'était à la séance du 9 juillet. M. Desjardins, l’ancien député provincial de Montmorency

devenu député fédéral de l’Islet, dit dans un long discours sur les finances du pays:

“* J'ai le droit de demander à l'honorable chef de l'opposition s'il est vrai qu'il s’est engagé envers M. Mercier à augmenter les subsides accordés aux provinces, et à mettre à exécution les résolutions de la conférence interprovinc ale, au cas où il arriverait au pouvoir,”

Et M. Laurier répondit à l'instant:

“Je regrette que l'honorable député, qui est si prompt à saisir les discours et toute espèce de questions, ne m’ait pas fait l’honneur de lire mes discours, durant les trois ou quatre dernières années, J'ai parlé sur cette question à Toronto et dans lu ville de Québec, et j'ai toujours affirmé que d'accord avec la majorité du peuple des provinces de Québec, d'Ontario, de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, j'étais en faveur des résolutions de la conférence de Québec. ”

MM. Préfontaine, Blair, Fielding,

Parmi les collègues actuels de M. Laurier, il en est trois au moins qui se sont déjà prononcés comme lui en faveur de nos réclamations: ce sont MM. Préfontaine, Blair et Fielding.

M. Préfontaine approuva en tout point la conférence de 1887.

Quant à MM. Blair et Fielding, leur participation à cette conférence est encore fraîche à toutes les mémoires.

À la Chambre du Nouveau-Brunswick, le débat sur les résolutions de 1887, commencé le 15 mars 1888 par M. Blair, chef du gouvernement, se prolongea jusqu’au 20 mars et fut très animé. M. Blair exigea l’adoption des résolutions en bloc, et. les défendit une à une avec une rare habilité et une invincible énergie, puis il se fit autoriser à les communiquer au souverain, par l’intermédiaire du gouverneur-général, avec prière de modifiér la constitution de 1867 en conséquence.

Le chef de l’opposition, M. Hanington, lui ayant reproché de travailler bien plus à embarrasser le gouvernement d'Ottawa qu’à améliorer la situation de la province, M. Blair répondit (le 20 mars):

“Nous sommes les gardiens des droits de la province, et cependant, d’après le chef de l'o ition, nous avons à décider non pas si les résolutions de la ph + mr sont dignes d'adoption, mais si leur adoption affectera le sort du &ouvernement actuel du Dominion! non pas si nous avons le droit de les discuter, mais si l'affirmation de nos droits nuira aux intérêts d’un des deux

rtis politiques du pays. Pour moi, je suîs heureux d’enr

rer hautement mor opposition à cette manière de voir.” (P. 77 des comptes rendus des débats du N.-B. 1888.)

Peu de temps auparavant, à ceux qui lui reprochaient de n’avoir pas consulté le peuple sur l’opportunité de réclamer la révision de la constitution, M: Blair avait répliqué:

“Ni le peuple des provinces maritimes, ni en particulier le peuple de.la Nouvelle-Ecosse;. n’c eu l’occasion de voter sur la question de la Confédération. ”; (P. 45.)

A Fredericton commé à Québec, un petit nombre de politiciens à oourtes vues disaient: ‘A quoi bon demander davantage au gouvernement fédéral puisque, en définitive, c’est nous qui paierons®” M. Blair leur répondait :

“Quand nous sommes entrés dans la Conf!

avons abandonné une parti déral, on nous garantit q

ponts, pour l'entretien la provinæ. Si l'ex plus stricte économi

tête nous prenons 60 cents pour l'éducation.

tion augmentent constamment, mais ke

peuple n’est pas plus disposé aujourd’hui qu’en 1867 à se laisser taxer. Le pouvoir fédéral devrait souhaiter de voir dis aître cette cause de mécontentement. La demande des rovince devrait triompher auprès du gouvernement du Dominion, sinon cette année ni l’année prochaine, au moins dans un avenir rapproché. ”

La Chambre adopta les vœux de la conférence par un vote de 41 contre 4, et le Conseil législatif les rejeta par un vote de 11 contre 4. M. Blair demanda la tête du Conseil, qui tomba quatre ans plus tard. (1)

Depuis, M. Blair est devenu ministre des chemins de fer à Ottawa.

Pour la Nouvelle-Ecosse, les résolutions de 1887 n’avaient été que la résultante de plusieurs années d’agitation. Sur proposition du premier ministre M. Fielding, une commission fut chargée de prier le lieutenantgouverneur de porter les résolutions de la conférence et la sanction de la législature à la connaissance du Secrétaire d'Etat impérial pour les Colonies, par l’entremise du gouvernenr-général.

La Chambre de le Nouvelle-Ecose alla donc aussi loin que celle du Nouveau-Brunsmick ; plus loin que celles de l'Ontario et de Québec, qui ne s’adressaient qu’au gouvernement fédéral. $ ,

- M. Fielding est aujourd’hui ministre des Finances dans le cabinet Laurier. (2)

De ceux qui à cette époque faisaient partie de la législature ontarienne, et qui votèrent pour les résolutions de 1887, un seul, M. Murray, fait aujourd’hui partie de la Chambre des Communes. En revanche, presque tous les ministres actuels de la provincesœur en étaient. (5)

(1) Voir à ce sujet l’appendice No 7.

(2) Voir appendice No 8.

(3) Voir appendice No 9.

M. Tarte réfuté par M. Tarte.

Il y a au parlement fédéral un homme qui a joué son rôle dans la politique canadienne: c’est M. Tarte. Peut-être est-il aujourd’hui, parmi les Canadiens-français, le seul adversaire de l’augmentation des subventions. Il n’a pas toujours pensé de même, et il a eu de si bonnes paroles pour les provinces qu’il lui sera beaucoup pardonné de ses errements d'aujourd'hui. Peut-être, contre toute espérance, rentrerait-il dans la vérité de son cœur à la lecture de quelques-uns de ses anciens articles. J’en ai fait relever quelques-uns où l'ancien ministre des Travaux publics, alors directeur du Canadien, réclamait avec une violence inouie l’augmentation, des subsides fédéraux et réfutait de sa bonne plume de Tolède toutes les objections qu’on nous fait aujourd’hui. Ces articles sont un arsenal complet pour les partisans des droits provinciaux: nous invitons nos amis à y puiser largement. Ce) :

M. Tarte persisterat-il dans son attitude présente ? C’est possible. Espérons, en tout cas, que lorsque le Parlement sera appelé à se prononcer sur les résolutions de 19092, il n’y aura qu’une voix parmi la députation française à Ottawa, comme il n’y a eu qu’une voix à Québec, en faveur de lacte de justice que réclame tout entière la popülation de cette province.

(9 Voir ces articles dans l'appendice No 10,

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