CONCLUSION
Quelques mots encore, et j'ai fini.
En commençant ce travail, j’ai tenté d’esquisser le rôle assigné à la Confédération par ses auteurs. Je ne veux pas m’arrôter avant d’avoir jeté un coup d'œil sur lavenir où quelques-ur- “oudraient nous voir entrer les Yeux fermés, dans ua .urte d’enivrement de bruit et de vitesse, et dont nous voulons, nous, scruter les voies avant d’y engager le char qui porte nos destinées.
Sous bien des rapports, nous avons marché moins vite que nos voisins les Américains. Tandis qu’ils brûlaient l’étape dans la poursuite du bien-être matériel, nous nous sommes patiemment .ntraînés à la course:
au milieu de nos luttes parlementaires, nous avons cherché le type de constitution politique qui assurât au pays, en même temps que la prospérité matérielle, la paix qui n’est, suivant le mot de Lamennais, que le premier fruit de la liberté, et dont Musset a dit:
La paix, quand on le veut, c'est encore la victoire $
le type de gouvernement où se développât librement Peffort de tous, et où, cependant, la justice ne se rendît pas par la corde ou par le bucher au hasard des préjugés et des haines populaires.
Ce type de constitution, ce type de gouvernement, on a cru le réaliser en 1867. Il avait des défauts que le temps a mis à nu et que nous venons de toucher du doigt, mais en l’appliquant dans un esprit de justice et de concorde, nous lui avons fait produire de bons résultats, et aujourd’hui que les économistes et les sociologues annoncent l’entrée du Canada dans l'arène,
le monde attend avec curiosité l'effort de ce jenae géant hier encore inconnu, qui se dresse, dans le clair vêtement de ses lois et de ses institutions propres, avec tous les attributs des plus fortes civilisations, sur un sol capable d’approvisionner la moitié du globe.
Et les vices de la constitution s'étant révélés avec les années, voici qu’à cette phase solennelle de notre vie nationale, à l'heure de recueillement qui sépare la période de l’entraînement de celle de l'épreuve, des provinces sur lesquelles s’est édifiée la Confédération, des provinces où se distribue le pain de la justice, où s’accomplit l’œuvre difficile de l'éducation du peuple et du soulagement de toutes les misères, monte une note de déception et de découragement.
Cette plainte doit<lle être ignorée? Devons-nous, ponr satisfaire quelques rêveurs dont les antipathies de race o1 la manie des grardeurs ont faussé la
vision, laisser peser sur: les provinces une menace d’écrasement qui, en les soulevant contre le pouvoir central, nous conduira fatalement aux plus grandes catastrophesf Pour ma part, je ne le crois pas, et dussent — ce qu’à Dieu ne plaise — dussent tous mes concitoyens, séduits par la perspective menteuse d’un pouvoir central compatissant à toutes les faiblesses et respectueux d2 tous les droits, se rallier à l’idée d’une union législative, que je ne cesserais de proclamer la nécessité de l’autonomie des provinces.
C’est À nous, de la législature provinciale, que le devoir incombe de veiller sur le sort des minorités auxquelles les auteurs de la constitution ont promis une si entière protection. De tons nos efforts, de toutes nos luttes, de toutes nos peines, il restera peu de chose, si, ne visant qu’à-la jouissance dn pouvoir, nous la'<sons l’héritage sacré des aïenx s’en aller par bribes avec chaque lambeau des chartes provinciales qu’emportera le droi:
du plus fort. Mais si, la tâche terminée, nous pouvons nous rendre le témoignage d'avoir su novs élever jusqu'aux hauteurs sereines d’où s’aperçoit, à travers les brumes de l'avenir, le chemin des peuples, d’avoir, en assurant une juste répartition des charges et des droite, allégé pour ous les citoyens le poids du contrat social et donné à l’Etat de nouvelles garanties de stabilité, notre œuvre n’aura pas été vaine, et mous pourrons entrer avec confiance dans le sein de l’éternelle justice.
APPENDICE No 1
Longueur des différents chemins de fer de la Province de Québec.
Intercolonial (y compris le Drummond) Québec Central... .…. STI EN TT Eee Intercolonial (de Lennoxville à la frontière du
Maine). Res Rires av:
Grand-Trone
skinongé (de Saint-Félix de Valois à Saint-Gabriel de Brandon)
L'Assomption. … .... ... HEURE Re Vermont-Central.….. 7." Re NUE Boston & Maine acifique. CAT Témiscousta.… ... |. Steele ts ARR UREE Vaudreuil & Prescott Se filiale du Pacifique). Saint-Laurent & Adirondack Hereford (ligne filiale du Maine Central)...
DO nn ee Un À NOR
Pontiac & Renfrew…
Comtés-Unis
RON ETR re Cd. PRÉ Lotbinière & Mégantic.… .... RTS
Philippebarg"..... :..
New-Rockland
Ottawa & Gatineau.
Montréal & Occidental.
Grand-Nord.…
Vallée de l'Outaouais. Ve dt le TT DU Pontiac & Jonction du Pacifique.
Basses Laurentides
Baie des Chaleurs..
Rive Sud.
Chateauguay-Nord .
Carillon-Grenville..
Jonction de Beauharnoïs… Est du Richelieu.
APPENDICE No 2
Les chemins de fer devant l'impôt, aux Etats-Unis et au Canada.
Ce que les Souvernements provinciaux Pourraient retirer de Cette source, par À tion directe, 3
(Etude tirée d’un article de M. Pettypiece, député à la législature de l'Ontario, et d'un article de M. LeRossignol, Professeur d'économie politique à l’université de Denver ; complétée de renseignements fournis par le trésorier de la province de Québec et par le Poor’s Railway Manual.)
Le tableau suivant, emprunté au dernier rapport de l’Interstate Commission, indique le taux et le produit de l'impôt local dans chaque état américain :
Inpôt par mille, Produit de l'impôt. $ 721,339 356,250 1,317,021 1,107,474 1,019,45% 78,202 342,553 514,514 269,344 4,105,062 2,540,382 1,440,478 2,221,441
er
ETAT. Impôt par mille, Kentucky... .... ... …. +... 240.27 Louisiane... .... 285.64
Maine re 2e k 126.76
Pensylvanie…. 380.87 Rhode-Island.…. 843.47 Caroline du Sud... 141.25 Dakota du Sud... .... 1°" 72.17 Tennessee... .... s…... 288.01
Wyoming. RCE 138.45 ARIRONRE ee 137.08 District de la Colombie. .: 717.50 Territoire Indien... .... 10.86 Nouveau-Mexique. .. .., 124.63 ORAN OmME US 158.53
Moyenne par mille. 8255.00 Total 817,415,433
Produit de l'impôt.
Darius À à, 1 D. LOU 274
En 1888, date du mission, les