‹ Question d'Orient depuis ses origines jusqu'aÌ€ nos joursChapitre 12 sur 131 · II. — L’empire Latin · texte numérisé non relu

II. — L’empire Latin

Les Seldjoukides excitèrent bientôt autour d’eux beaucoup de rivalités et de jalousies; ils furent mal obéis des autres gardes du corps du Khalife, comme les émirs d’Alep ou de Damas, l’Atabek de Mossoul. Les Arméniens ainsi échappèrent à leur domination, et, séparés par les Turcs de l’ensemble des populations chrétiennes, ils reconstituèrent leur nation, sauvèrent leur indépendance et gardèrent dansleurs montagnes une forte originalité. Ils furent tous fidèles à la cause de la croisade, et suivirent avec de vives espérances, en y contribuant directement parfois, le développement des États chrétiens du Levant.

A la faveur des désordres qui troublaient quelque peu les États musulmans de l'Asie antérieure, les Croisés de la fin du xie siècle purent traverser l’Asie mineure, détruire une armée turque devant Nicée, une autre à Dorylée, entreprendre le siège d’Antioche, s’en emparer, chasser devant eux l’émir de Damas, Kerbogath, et enfin enlever Jérusalem dans un assaut furieux (1099).

C’était un beau résultat. Les seigneurs ne dédaignèrent pas d’y trouver du profit. Ils eurent de vastes territoires à se partager: Godefroi de Bouillon resta chargé de la garde du Saint-Sépulcre: il refusa d’y porter la couronne royale. Après lui, son frère Baudouin eut moins de scrupules ; il fut roi de Jérusalem et le véritable organisateur du royaume, qui s’étendit de Tripoli de Syrie jusqu’au voisinage de l’Égypte et de la mer Rouge. Bohémond de Tarente fut prince d’Antioche et suzerain de la Petite Arménie, située au fond du golfe d’Alexandrette ; il est vrai qu’en 1189, le souverain de ce pays, Léon II, échappa à cette suzeraineté et fut couronné roi par un légat pontifical; il n’échappa pas longtemps à ses ennemis musulmans. Quant au comté de Rohez ou d’Edesse, plus éloigné dans la montagne vers l’Euphrate supérieur, il n’eut

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