CONCLUSIONS DE M. ARMAND GAUTIER
Première série d' expériences :
Cas d'une alimentation en équilibre azoté
Alcool exprimé Perle ou gain en vin journaliers
Durée, par jour. en azote1.
1° Période préparatoire . . .
2° Période d'alcool. (On supprime 60 gr. pain et 7a gr.
sucre qu'on remplace par l'alcool.)
3° Période de retour. (On revient à l'alimentation de la lre période.)
4° Période de contrôle. (Suppression des mêmes aliments qu'au 2°, mais sans les remplacer par l'alcool).
9 jours
1 400 cm3 + U,7960
Ainsi d'après ces expériences, l'alcool s'oppose à la désassimilation des albuminoïdes (0§r7960 fixés par jour au lieu de l«r4613 perdus quand on n'ajoute pas d'alcool) ; mais il est moins efficace qu'une quantité isodyname d'hydrates de carbone (0sr7960 d'azote fixé par jour quand il y a substitution d'alcool pur, au lieu de l§r1370 avec les aliments comprenant du sucre ordinaire .
Deuxième série d'expériences :
Cas d'une nourriture insuffisante en azote.
1° Période préparatoire . . .
2° Période d'alcool. (Suppression de 20 gr. de sucre et 100 gr. Pain remplacés isodynamiquement par l'alcool.)
3° Période de retour au sucre.
(Suppression du vin qu'on remplace par 220 gr. sucre) .
4° Période de contrôle. (Alimentation de la période 2°, moins le vin)
Alcool exprimé Perle ou gain en vin journaliers Durée. par jour. en azote.
9 jours
1 400 cm3
Valcool a donc une action préservatrice sur les albuminoïdes, que la nourriture en azote soit ou non insuffisante ; mais, dans les deux cas, cette action est un peu moins puissante que celle d'une quantité isodyname de sucre, de graisses ou de substances amylacées.
D'autre part, il a été établi (expériences d'Ahvater et Benedict) que Yalcocl est apte à remplacer des poids isodynames d'amidon ou de sucre, mais à cette condition qu'il ne dépasse pas une certaine limite qui est d'environ fcs*2 à l?r3 par kilogramme du poids du corps et par jour.
On voit donc combien était peu fondée l'opinion de Maurice Perrin, Lallemand et Duroy, Hoppe-Seyler, Brùcke, Yolfberg, Chauveau, Bunge. Ch. Richet, etc., que l'alcool ne peut être considéré comme un véritable aliment et qu'il ne saurait fournir son équivalent d'énergie fonctionnelle. La seule conclusion qui reste des expériences de ces auteurs, c'est que chez l'homme, à des doses supérieures à lsr5 par jour et par kilogramme, l'alcool doit être considéré comme dangereux. Mais, à doses modérées, et à ces doses seulement, il constitue un aliment apte à nous procurer rapidement de la chaleur et de la force, à réchauffer le sang, comme dit le peuple, à protéger la partie azotée de nos tissus, à mettre enfin le sujet en état de fournir tout de suite un effort supérieur à celui que permettrait l'alimentation sans alcool*. L'usage de ce corps ne répond donc pas à un besoin factice, c'est un aliment à effet immédiat, une ressource momentanée, quoique dangereuse dans son maniement, pour l'individu insuffisamment nourri. C'est que l'alcool est à la fois un combustible et un puissant excitateur nerveux. Absorbé même à doses faibles, il passe dans les plasmas et se fixe dans les centres nerveux dont il ne s'élimine ensuite que lentement (Nfcloux). Utilisable, précieuse quelquefois, tant qu'elle est modérée, cette excitation devient désastreuse si Ton fait abus répété de l'alcool. Mais les conséquences déplorables de ces abus ne doivent pas nous faire rejeter ce précieux adjuvant de l'alimentation.