‹ Question de l'alcoolChapitre 20 sur 121 · Voir op. cit., p. 13 et · texte numérisé non relu

Voir op. cit., p. 13 et

of Trade, le relevé delà moyenne annuelle des aliments solides importés ou produits dans le Royaume-Uni pendant la période quinquenale 1909-1913.

Il a pris les coefficients de Kubner, plus élevés que ceux adoptés par M. Armand Gautier : pour les albuminoïdes ou matières protéiques1 et hydrates de carbone 4,1 calories par gramme et pour la graisse 9,3 calories.

Voici les totaux du tableau :

Tonnes Albumi- Hydrates Calories

métriques. noïdes. Graisses. de carbone. mille.

Mille tonnes.

Grammes.

par tête et par jour :

Ce chiffre ne fait pas non plus de distinction entre les rations par sexe et par âge.

Dans son Essai d'arithmétique politique sur les Premiers Besoins de l'intérieur de la République, publié en 1796 2, le célèbre mathématicien Lagrange avait évalué que la consommation totale de tous les habitants de la France, y compris les femmes et les enfants, devait représenter les quatre cinquièmes de la consommation d'un nombre égal de soldats. Je suis arrivé à des résultats semblables3, mais par prudence, j'ai réduit

1. V. Journal des Économistes, mars 1917, le tableau comptet.

2. Publié par Roederer, dans son Journal d'Économie politique. Collection des principaux économistes. Guillaumin. Mélanges d'Économie politique, t. 1, p. 608.

3. Voir Yves-Guyot. La comédie protectionniste, p. 1-9 et suiv.

ce nombre de rations au quart. Le Comité du The Foodsupply, réduit la population à 77 p. 400 ce qui, à trois unités près sur cent, donne le chiffre obtenu par les évaluations de Lagrange et est de 2 p. 100 supérieur à celui auquel je me suis arrêté.

La ration parisienne, augmentée d'un quart, donne 3.000 calories.

La ration minimum d'un adulte faisant un service actif modéré devant être de 3.400 calories, la ration parisienne est donc trop faible et elle comprend la boisson.

Le comité du Food supply fait deux parts :

Militaires (4 millions).

Albuminoïdes 140

Corps gras 180

Hydrates de carbone 500

Civils (31,8 millions de rations, hommes adultes).

Albuminoïdes 106

Corps gras 120

Hydrates de carbone bUo

Le Comité trouve que cette base d'alimentation d'avant guerre, serait plus que suffisante tant à l'égard des albuminoïdes que des aliments dynamogènes : mais le Committee of food supply , pour calculer le nombre des matières protéiquesetdes calories fournies, a pris un coefficient plus élevé que celui choisi par M. Armand Gautier ; il a pris ie poids du marché. Or, entre le poids du marché et le poids de la viande ou des légumes consommées, il y a une forte différence. Les céréales sont comptées avec leurécorce; la viande, avec ses os et ses déchets : les œufs avec leur coquille ;

les légumes avec les épluehures qu'on leur enlève avant de les mettre dans la marmite ou dans la casserole. M. Armand Gautier a tenu compte des déchets.

M. Armand Gautier a réduit 269er,7 fournis par la viande de boucherie, de porc, la charcuterie, la volaille et le gibier, le poisson a 216 grammes, soit une diminution de près d'un quart.

Même en tenant compte des déchets, on n'a pas l'utilisation exacte des aliments consommés. Ils ne contiennent pas tous exactement les proportions des éléments plastiques aux éléments dynamogènes déterminés dans le laboratoire.

Pour que l'individu l'obtienne, il est obligé à un gaspillage d'aliments, au petit bonheur.

La diététique d'une population n'est pas seulement réglée par ses besoins physiologiques : elle est réglée par son pouvoir d'achat, par les objets qu'elle a à sa disposition et par des vieilles coutumes.

La ration parisienne qui comprend les boissons alcooliques est faible au point de vue des calories : la ration britannique, calculée plus largement ne contient pas les boissons et le CommUtee of food supply dit de l'alcool :

Appendice X. — Des expériences décisives ont montré que l'alcool, s'il est pris en quantités modérées, est très complètement brûlé dans le corps humain dans la proportion de 94 p. 100. Cette combustion assure de l'énergie au corps. Des observations quantitatives ont montré que cette énergie a besoin de n'être pas perdue en chaleur, mais peut être employée à supporter d'autres fonctions du corps. Cela étant, une quantité modérée d'alcool peut, dans des conditions données, prendre la place dans la nourriture d'une quantité dynamiquement équivalente de graisse ou de sucre, b'il ne possédait pas d'autres qualités, la valeur alimentaire de

l'alcool serait mesurée par sa valeur en calories. Mais l'alcool exerce, comme une drogue, des effets qui ne peuvent être méconnus quand on apprécie sa valeur comme aliment. Ces effets sont d'autant plus importants que l'individu est appelé à faire un travail plus violent ou à subir des endurances climatériques.

Le sucre, l'amidon sont d'excellents hydrates de carbone; mais on a voulu essayer de faire consommer du sucre aux soldats, quand le général André était ministre de la Guerre. On les réunissait le long d'une table et on leur faisait manger des morceaux de sucre par ordre. Il m'a dit lui-même que beaucoup avaient des aigreurs et en étaient dégoûtés. Un verre de vin ou d'eau-de-vie n'aurait pas provoqué la même répulsion chez eux.

Il résulte des expériences d'Atwater et des études que nous avons analysées :

1° L'alcool est un aliment qui a une action préservatrice sur les albuminoïdes; il est apte à remplacer des poids isodynames d'amidon ou de sucre.

2° Le travail des muscles et probablement aussi celui du système nerveux consomme à peu près uniquement des hydrates de carbone.

3° Les albuminoïdes donnent 4,1 calories et les graisses 9.3 calories par gramme; mais les albuminoïdes perdent 45 p. 100 de leur énergie utilisable, les graisses 15 p. 100.

4° Dans l'alcool il n'y a pas de déchet ; un gramme d'alcool fournit plus de 7 calories.

5° La consommation constante à la dose de isp,2 à ier.3 par kilo de l'être humain est considérée comme indemne de tout danger. Réduite par prudence à 1 gramme, elle donne pour le Français moyen pesant 65 kilos, 455 calories.

6° Valcool est V aliment qui, sous un moindre volume, sous la forme la plus portative et la plus assimilable , au meilleur marché (impôt non compris), donne le maximum de calories.

J'ajouterai à ces conclusions cette banalité : L'acool pèche par excès de qualités. 11 faut, comme pour toute chose, en user dans la mesure utile et ne pas en abuser.

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