‹ Question de l'alcoolChapitre 39 sur 121 · Réunion do 17 juin à Lyon · texte numérisé non relu

Réunion do 17 juin à Lyon

Et M. Mandeix, après avoir raillé la naïveté de ces messieurs, ajoutait :

Derrière cette campagne anti-alcoolique, il y a un mercantilisme dont ils sont ignorants ; il y a les intérêts de vastes entreprises de vente de thés, de vastes entreprises d'eaux minérales souvent étrangères. En tous cas, on peut se demander pourquoi ces eaux minérales qui se vendent quatorze ou dix-huit sous n'ont jamais pu être taxées d'un sou par bouteille alors que l'on taxe le vin à quatre sous. (Applaudissements.)

Le Dr Laborde criait4 :

La vraie boisson est l'eau bouillie ou filtrée.

L'Étoile bleue, journal delà Ligue anti-alcoolique, en 1910 a publié une série d'articles contre le vin, avec des arguments commccelui-ci :

L'eau a été de tous temps la boisson la plus naturelle ; c'est elle qui favorise le plus la digestion des aliments. L'eau faisait la seule boisson de nos premiers pères.

Distribuée aux corps de troupe, aux militaires, aux foyers du soldat, aux instituteurs, elle provoquait un de ceux-ci à donner, en janvier 1910, cà une école de Paris, une dictée sur le thème suivant :

Buvez à la misère, 0 pères! Car c'est le vin qui nous la donne. Grâce à lui, plus de pain ni de flamme au foyer : chaque goutte de la vigne se paie d'une goutte de notre vie.

Dans son numéro de décembre 1910, Y Étoile bleue s'exprimait ainsi :

Il serait à désirer que les personnes influentes fassent (sic) interdire aux coopératives la vente du vin.

ï. La lutte contre l'Alcoolisme, p. 108.

Elle réussit au moins pour la coopérative du 152°, à Gérardmer ou la vente du vin fut interdite. M. d'Elissagaray appela l'attention du Gouvernement sur ces excès. M. Briand était alors président du Conseil. Il promit de faire des observations sérieuses à la Ligue anti-alcoolique, mais on lui maintint sa subvention de 10.000 francs.

La même année, le Conseil général de la Seine a souscrit à un ouvrage de M. Emile Bocquillon, directeur dune école communale, intitulée : Cours normal d antialcoolisme, dans lequel il condamne toutes les boissons fermentées : excellent moyen de propagande dans les pays vignobles et dans les pays à cidre!

Le Conseil général de la Seine a-t-il poussé la logique jusqu'à proscrire de sa buvette toutes les boissons fermentées et, à plus forte raison, distillées?

Quelques exemples feront juger de la valeur des arguments des meneurs de la campagne anti-alcoolique.

On a vu (livre I) les caractères physiologiques de l'alcool. Le Dr Legrain n'en dit pas moins péremptoirement1 :

L'alcool bien qu'il contienne 50 p. 100 de carbone est inutilisable comme aliment, puisqu'il ne subit pas dans l'organisme la combustion physiologique.

Cela suffit pour déterminer la valeur de toutes les affirmations scientifiques que peut produire ce médecin.

Les anti-alccolomanes citent volontiers des statistiques. On leur démontre qu'elles sont fausses. Ils les répètent.

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