‹ Question de l'alcoolChapitre 73 sur 121 · L'IVRESSE PUBLIQUE ET LA LÉGISLATION EN FRANCE · texte numérisé non relu

L'IVRESSE PUBLIQUE ET LA LÉGISLATION EN FRANCE

500 francs, la déchéance des droits politiques pendant cinq ans et la fermeture définitive des établissements.

Parmi les sénateurs et les députés qui ont voté ces textes, combien y en a-t-il qui n'ont pas fait de restrictions mentales sur l'inutilité des uns et sur le danger des autres ? Mais ils n'ont pas osé dire tout haut ce qu'ils pensaient tout bas. Ils ont eu peur de passer pour les amis « des empoisonneurs du peuple ».

Ils n'échappent pas à cette accusation.

Le rapporteur de la loi à la Chambre des députés, M. Delaroue, voulait faire adopter sans discussion, le texte voté par le Sénat ; mais le Journal officiel du 25 janvier, a publié la note suivante :

Opposition à l'inscription sans débats du projet de loi adopté par la Chambre des députés, adopté avec modifications par le Sénat, sur la répression de l'ivresse publique et sur la police des débits de boissons, formulée par MM. Lefas et Barthe.

Les députés soussignés font opposition à ce que le rapport de M. Delaroue sur le projet concernant l'ivresse publique soit voté sans débats, en raison de ce que la privation des droits électoraux, repoussée formellement par la Chambre, a été réintroduite dans ce texte, ce qui est une prime à l'arbitraire politique et un obstacle à l'application de la loi.

Sur ce, grande indignation des anti-alcooliques, comme si cette loi, qui ne sera pas mieux appliquée que la loi de 1873, pouvait avoir quelque influence sur l'alcoolisme.

Les auteurs de l'amendement ne veulent pas que la pénalité pour ivresse publique puisse entraîner la déchéance des droits de vote et d'élection ; mais ils voudraient qu'on pût commuer la peine de l'emprisonnement « en une détention de un à trois mois, en

vue d'un traitement médical, dans un établissement approprié ».

Si les auteurs de cette législation étaient susceptibles de prêter attention à des observations, je leur recommanderais de lire la déposition, faite par M. Libbyj ancien président de TÉtat du Maine, qu'ils trouveront ei-dessous au chapitre : La Prohibition aux États-Unis1.

i. Voir Infrd, liv. V, chap. ix, p. 18G.

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