‹ Question de l'alcoolChapitre 96 sur 121 · M. ALGLAVE ET SA BOUTEILLE MAGIQUE · texte numérisé non relu

M. ALGLAVE ET SA BOUTEILLE MAGIQUE

députés, la première proposition de monopole fut déposée par M. Maujan, le 13 mai 1891 ; M. Guillemet en déposa une autre en 1893, précédée d'un gros rapport, qu'il réédita en 1897 et 1898 avec des variantes diverses.

Les socialistes qui veulent supprimer toute industrie libre, avaient naturellement mis le monopole de l'alcool au rang de leurs revendications.

M. Vaillant le réclama, en 1892, au Conseil municipal de Paris. Le 6 juin 189o, il en fit voter « le principe » par la Chambre des députés à une majorité de 82 voix. Ces votes de principes ne sont que des vœux de réunion publique ou de conseils généraux, bons à amuser les badauds. Le lendemain, M. Jaurès pouvait s'écrier :

— C'est M. Vaillant qui est le véritable inventeur, le véritable promoteur du monopole de l'alcool : c'est lui que la Chambre a suivi lorsqu'elle a émis ce vœu. Mais, le 20 novembre 1900, la Chambre repoussa par 423 voix contre 101 une nouvelle proposition de M. Vaillant ainsi conçue :

Le monopole de l'alcool est établi par l'organisation nationale de la rectification.

Toutefois la Commission du budget de 1 903 fit insérer dans la loi des finances un article 24 d ainsi conçu :

A partir du 1er janvier 1905 l'État aura le monopole de la fabrication, de la rectification, de l'importation et de la vente de l'alcool.

Il y eut à ce moment une explosion de projets de monopole dont les plus retentissants furent celui de M. Astier et celui de'M. Jaurès.

M. Astier avait peur qu'on fabriquât de l'alcool synthétique à 12 francs. Donc il fallait que l'État préservât les Français de ce progrès en l'annihilant par son monopole.

L'article 38 de la proposition de M. Jaurès spécifiait que l'État vendrait l'hectolitre d'alcool au prix uniforme de 320 francs en sus du coût de fabrication et de l'annuité du rachat. Il proclamait l'égalité devant le prix de la fine Champagne grand bois et de l'alcool de betterave.

« Pour les œuvres sociales urgentes », M. Jaurès demandait « l'institution de grands monopoles fiscaux, le monopole de l'alcool, le monopole des assurances, etc. »

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