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et sen acquitte à merveille. Il discute avec beaucoup de sagacité les faits du spiritualisme et répand sur ce sujet les lumières d'une critique fine et judicieuse. »
Toute jine et judicieuse qu'elle soit, elle n’en roule pas moins sur le reflet de la pensée, et devant cet wltimatum M. Morin se déconcerte et s'indigne. « Comment, dit-il, si au moment même où je suis neutre, mactif, où j'écoute avec curiosité la voix mystérieuse de l’étre dont je cherche à pénétrer la nature. j'entre en conversation avec un interlocuteur qui possède parfois des connaissances supérieures aux miennes, qui parle de sujets qui me sont éfrangers, qui soutient des doctrmes contraires aux miennes, qui me scandalise par ses paradoxes, qui me traite avec hauteur, me raille et méme m'injurie..…. et cet interlocuteur ne serait autre que moi-même !... IL Y A LA UNE ÉNORMITÉ, contre laquelle proteste ma raison, et de toutes les explications , 1l n’en est pas DE PLUS INACCEPTABLE (1).
Nous voudrions bien savoir maintenant, ce qui pourra rester dans les deux volumes en fait de critique Jine et judicieuse, et quelles lumières il en résultera, M. Morin nous paraît ressembler ici à cet opérateur cruel qui, après avoir enlevé au patient le cœur, les poumons et le cerveau, aurait l’audace de lui dire : « À présent, remerciez-nous et vivez. » Nous doutons que M, de Gasparin soit bien reconnaissant et qu'il accepte la vie à ce prix-là.
Il est vrai qu’aux yeux des magnétiseurs , toutes ces énormilés sont rachetées par un mérite qui tient lieu de tous les autres; «il prend corps à corps la démonologie que de récents travaux ont cherché à ressusciter; il bat en brèche les sophismes de M. de Mirville qui, malgré l’appareil scientifique dont 57 « eu l’art de se parer, n'a fait que développer, en un style élégant, ce paradoxe que tout ce qui ne s'explique pas, doit être regardé comme l’œuvre du démon (2). Il démolit pièce à pièce tout son échafaudage d'historiettes controuvées, de contes à dormir debout, de merveilles dignes des Mille et une Nuits... (ib.) (3).
(1) Journal du Magnétisme, 10 novembre 1854.
(2) Où cela se trouve-t-il, s’il vous plait ?
(3) Si nous avons bonne mémoire, tout en réfutant nos conclusions, M. Morin, le 10 août 1853, écrivait dans le même journal : « Le livre de M. de Mirv.… est une œuvre laborieuse, pleine d’érudition et digne des méditations de tous ceux qui désirent étudier cette matière. » L'année à porté conseil, et cette conversion est due sans doute à ce même livre, dont M. Morin vient de saper toutes les bases.
ET LE MÊTHODISME. 205
Voyons donc un peu maintenant quels sont les droits du magnétisme à parler de nos historieltes et de nos contes à dormir debout.
Le livre des Esprits, se compose de deux parties. Or la première ne roulant guère que sur des contes fournis par la science la plus haute, ce serait être fort peu respectueux et fort injuste que de ne pas rendre à César et à celle-ci, ce qui leur appartient.
La seconde partie, au contraire, est consacrée presque en entier au magnétisme animal et aux tables que le journal appelle «filles de Mesmer, » et comme à cet égard nos faits les plus éfourdissants ont été puisés dans cette feuille, c'est elle qui va devenir responsable de tous les sommeils produits.
Il y a longtemps, d’ailleurs, que le magnétisme nous en a fait contracter l'habitude. Depuis Mesmer qui « faisait enfler et désenfler les gens à volonté à la présentation de la main (4); depuis M. le marquis de Puységur, qui nous avertissait, après deux ou trois passes faites devant son fameux arbre de Buzancy, que « chacune de ses feuilles communiquait la santé » (2) ; depuis Deleuze, qui, présentant les doigts en pointe à l'orifice d'une carafe, lui communiquait toutes les vertus médicinales voulues (3), jusqu'aux aveux de M. le baron du Potet sur les envahissements de Python, et jusqu'aux histoires d’esprits et de revenants qui remplissent depuis trois ans tous les numéros de ce journal, les Annales du magnétisme , malgré leur immense et très-réel intérèt , n'en renferment pas moins tout le narcotisme nécessaire pour faire dormir debout, des générations tout entières. Il est donc bien venu vraiment , à parler des historieltes de notre livre ! Toutes nos fautes remontent à lui, tout ce que nous sommes , nous le tenons de lui, tout ce que nous disons pâlit auprès de ce qu’il annonce; de quoi donc pourrait-il s'étonner ?
Nous ne voyons donc tout au plus que Cideville qui, seul, nous appartenant en propre, puisse lui servir de prétexte : mais encore, gare à sa logique, s'il a pu dormir devant ce tableau et s’il ne s’est pas au contraire réveillé en sursant comme un homme qui, en entendant prononcer son nom, s’écrierait : « Me voici. »
Mais Cideville, aujourd'hui , n’est plus qu’une vieillerie, un lieu commun, un radotage; puisqu'il n'est guère d’arrondissement qui n’ait le
(2) V. Somnambulisme.
(1) V. Mémoires.