‹ Question des espritsChapitre 105 sur 117 · V. Hist. critique · texte numérisé non relu

V. Hist. critique

sien , comme il n’est guère de rue, et dans certaines villes, de maison qui n’en ait entrevu et reconnu quelque chose.

Et dans le fait, qui pourrait nous choquer dans ce récit? Le toucher de l'enfant par le berger? Mais c’est là le magnétisme quotidien. — Les phénomènes nerveux, les hallucinations produites à volonté? Mais M. du Potet les produit sur tout le monde. — Les coups frappés et les bouleversements de meubles? Mais les £nockings et les rappings des deux mondes, les tables soulevées sans contact, le piano de Genève , et les mille récits du même journal, ont naturalisé et généralisé ces phénomènes. Ah! ce sont sans doute les soufflets distribués par les mains invisibles ? Mais relisez donc dans le n° du Journal du Magnétisme (du 25 avril 1853), la longue et très-intéressante lettre d'Anna Blackwell à M. Hébert de Garnay, lettre qui nous initia une des premières aux mains invisibles de l'Amérique, nous apprenant que ces mains «se font souvent sentir aux assistants, les touchent, les pincent, les heurtent, les frictionnent, les arrachent de leurs chaises et parfois les font sauter jusqu'au plafond, les retenant quelques instants en l'air, pour les déposer encore dans un autre coin de la pièce , etc., etc., (p. 190); tout cela, raconté sans commentaires et sans respect humain , comme on doit raconter l’histoire contemporaine et l’histoire sur la plus vaste échelle possible.

Maintenant, notre examen de conscience est complet, et nous n’y voyons plus rien qui puisse nous peser le moins du monde; et, franchement, nous nous rendrions plutôt cette justice, que nous avons parlé avec discrétion, prévoyance et sagesse, de ce dont tout le monde et surtout le magnétisme parlait et, qui pis est, s’entêtait avec indiscrétion, témérité et folie.

Que M. Morin, dont nous avions, au reste, et plus d’uné fois, remarqué la modération et la prudence scientifiques, veuille bien nous en roire ; 1l s’est aventuré dans une impasse et n’en sortira pas. Rien n'est plus attristant et de plus illogique que le métier de protestant. Or il est le protestant du magnétisme, et, qu’il le sache bien, le jour où il en aurait fait un magnétisme réformé, il aurait culbuté son église.

Ce ne serait peut-être pas là un grand malheur, mais ce qui en est toujours un, c’est de mériter qu'on nous applique ce mot de Mirabeau : «Je pardonne à tous ceux qui ne partagent pas mes Opinions, mais je ne pardonne jamais à ceux qui ne sont pas de leur propre avis. »

Au reste, nous sommes tout à fait en mesure de renvoyer M. Morin

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