ET LE MÉTHODISME
L'épidémie moderne est venue nous détromper, et quoique M. de Grasparin nous dise «que le protestantisme et le spiritualisme s’excluent partout réciproquement, et que l’on ne croit guère aux esprits qu'à la condition de n'être plus protestant (1).» Il n’en convient pas moins qu'en Amérique, le parti unitaire et le culte des esprits sont définitivement associés par les liens les plus étroits.
Il est vrai qu'à ses yeux, l’unitarisme n'appartient plus au parti protestant, mais nous, qui ne pouvons voir en lui qu’une secte plus avancée que toutes les autres, nous n’en plaignons pas moins le /ibre examen plus arriéré, d'avoir donné forcément naissance à de telles doctrines ; du reste, nous nions que ces esprits d'Amérique vantent exclusivement les wnitaires. Les protestants évoquent et écoutent Calvin, Swedenborg et Wesley, comme chez nous d’excellents catholiques, écoutent dans leur simplicité saint Louis et Fénelon. Et M. de Gasparin peut être bien sùr d'une chose, c’est que ses explications naturelles fortifieront merveilleusement toutes ces erreurs, toutes «ces abominations » pour nous servir de son expression, attendu que la négation de l'évidence n’a jamais éclairé personne.
Mais il ne s'agit pas de tout cela. S'il est vrai que la croyance aux esprits ait, d'une part, favorisé l’unitarisme, il n’en est pas moins vrai que , d’une autre part, le premier cri d'alarme est parti de toutes les chaires protestantes. « Le clergé protestant, dit M. de Richemont (auquel M. de Gasparin nous renvoie avec confiance), « le clergé protestant de foutes les sectes, voyant que la chose devenait grave et qu'un certain nombre de ses membres respectables avait perdu leur [oi et était passé à l'ennemi, est sorti de son engourdissement, et ses chaires, ses journaux retentissent journellement de diatribes violentes contre les manifestations, dites spirituelles, comme étant l’œuvre DU DÉMON (2). »
Nous ne voyons donc jusqu'ici, aucune justification de cet antagonisme prétendu entre la démonologie et le protestantisme, et nous le disons à la louange de ce dernier.
Mais reste un dernier argument; M. de Gasparin nous dira peutêtre que toute la sagesse protestante s'étant réfugiée dans le méthodisme, c’est celui-ci qu’il faut interroger et croire à l'égard des esprits.
Nous ignorons quelle part le méthodisme a prise dans la croisade